Francis Poézévara

Conseiller municipal à Nanterre

Mois : avril 2010

Puteaux, l’UMP et le budget…

Le budget est un sujet dans l’air du temps, que ça soit au niveau local ou national. A Puteaux, l’UMP semble avoir quelques difficultés à maîtriser cette notion, qu’il s’agisse du budget de la ville ou de l’Etat.

Le Conseil Municipal du 08 avril avait à l’ordre du jour l’examen du budget de la Ville. Une nouvelle fois, il est complètement délirant… Vous me direz, on a l’habitude ; certes, mais le jour où l’opposition arrêtera de dénoncer ce genre de dérives sera un bien triste jour pour la démocratie !

Dans le genre de détails saugrenus que l’on retrouve dans le budget, citons, dans le désordre :

– Des écarts monumentaux entre les sommes budgétées  (notamment en ce qui concerne les investissements) et les sommes dépensées : la Mairie ne respecte ni ses promesses, ni ses projets.

– Un budget encore une fois largement excédentaire : les impôts payés par les Putéoliens ne leur sont pas reversés sous forme de services publics, mais finissent bien au chaud sur des comptes en banque.

– Les propositions de l’opposition pour alléger les charges des personnes les plus vulnérables sont systématiquement rejetées.

– Notons enfin une belle absurdité : concernant la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, les Putéoliens payent 1,4 millions d’euros de plus que ce qu’elle ne coûte ! Non, hélas, ce n’est pas une blague.

La liste pourrait encore continuer, mais pour plus de détails je vous invite à vous rendre sur les deux blogs de nos élus au Conseil Municipal, Stéphane Vazia et Nadine Jeanne. Vous y trouverez notamment un compte-rendu du conseil municipal de Puteaux, ainsi que la tribune des élus dans le prochain Puteaux Infos concernant le budget.

Pour conclure sur le budget de l’Etat, je reviendrai simplement sur un article publié par Frédéric Chevalier, conseiller municipal UMP, qui s’intitule “déficit en baisse”. Le titre est fourbe. A le lire, un “non technicien” croirait que F. Chevalier nous annonce que le gouvernement a enfin décidé d’arrêter de creuser la dette de l’Etat, qui est devenue monumentale suite aux diverses manoeuvres injustes de ces dernières années (bouclier fiscal, etc). Et bien non, évidemment ! Ce dont F. Chevalier se réjouit, c’est, tenez-vous bien, que la France ne perde “que” 39,4 milliards d’euros en 2010. Génial ! Toujours est-il que ces 39,4 milliards viennent s’ajouter à la dette déjà accumulée, qui n’est toujours pas prêt d’être remboursée.

Il faudra donc attendre le retour de la Gauche au pouvoir en 2012 pour espérer sortir de ce cercle vicieux…

Le sport à Puteaux

Voici l’un des sujets qui m’a le plus déçu lorsque je suis arrivé à Puteaux, et qui continue régulièrement de me décevoir : le sport à Puteaux. C’est une notion un peu étrange, à bien des égards.

Février 2008. J’emménage à Puteaux, petite ville bien située, à proximité de la Défense. Petite ville peut-être, mais ville extrêmement riche également ! Mon premier réflexe a donc été de regarder un peu les clubs de sport putéoliens, sûr d’y trouver des clubs par dizaines. Ou pas. La plupart des sports ne sont représentés que par une association sportive, sans aucune notion de compétition. Je remballe donc mes velléités badmintoniennes ; j’irai regarder du côté de Suresnes.

Eh oui, dans la commune de Puteaux, le sport s’entend sans compétition. Prenons par exemple la “traditionnelle course cycliste du 1er mai”, comme elle est appelée sur le site de la Mairie. Annulée, sans aucune explication. Une unique phrase sur le site officielle Puteaux.fr. Autre exemple : combien d’années le club d’athlétisme a-t-il dû insister pour avoir un stade digne de ce nom avant que la Mairie ne l’entende ? Et qu’on ne vienne pas nous dire que la ville manquait d’argent, puisque le budget est chaque année largement excédentaire !

Bon en fait j’exagère un peu. La Maire n’est sans doute pas contre les compétitions. C’est juste qu’elle ne sait pas que ça existe. “Des clubs sportifs ? Hein ?”. J’en veux pour preuve sa remarque aux gagnantes du 4km de la Putéolienne 2010. Alors que les trois coureuses arborent fièrement le maillot de leur club, le CSMP, Joëlle Ceccaldi-Raynaud leur demande : “c’était la première fois que vous couriez ?”. True story.

On me rétorquera “il y a quand même la Ronde de Puteaux !”. Ah, la Ronde de Puteaux… En voilà un sujet qu’il est beau ! Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce formidable rendez-vous sportif putéolien, il s’agit de trois courses organisées chaque année sur l’île de Puteaux, de 2, 5 et 10km. Alors qu’il pourrait s’agir du point culminant de l’année sportive à Puteaux, cet événement n’est en fait qu’une vaste blague.

Tout d’abord, il faut savoir que le 5km est interdit aux coureurs de moins de 16 ans. Les connaisseurs ont cru à une faute de frappe lorsqu’ils ont vu le dépliant. Au collège, les jeunes ont en effet tous un test d’endurance sur une demi-heure. Moi-même, qui n’ai pourtant jamais eu la fibre du fondeur, ai passé le test sans souci. Pourquoi alors cette interdiction ? La peur d’avoir des participants sans doute !

Cette même peur se retrouve au niveau du tracé de la course. Une nouvelle fois, les coureurs seront cantonnés à la sacro-sainte île de Puteaux. Résultat : le tracé n’a strictement aucun intérêt, que ce soit d’un point de vue sportif ou d’un point de vue “environnemental”. Pourquoi ne pas faire tourner les participants dans Puteaux ? La Mairie aurait-elle peur de s’approcher des quartiers populaires, préférant rester entre le bas de Puteaux et Neuilly ?

Bien sûr, la course n’est pas homologuée, que ce soit pour le 5km ou le 10km. Pourquoi faire de toute façon ? Compétiquoi ?

Grâce à ces trois mesures, le but de la Mairie de limiter au maximum le nombre de participants est atteint chaque année ! Jugez plutôt : 39 participants au 5km de 2009, 36 au 10km. A titre de comparaison, le 10km de Suresnes rassemble chaque année environ 800 coureurs, et celui de Neuilly 850. Une vaste blague, vous dis-je !

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