Elections européennes : et maintenant, quoi ?

Elections européennes
Les résultats des élections européennes sont donc tombés hier soir. L’UMP arrive en tête avec plus de 28%, devant le PS et Europe Ecologie à un peu plus de 16%, et le MoDem à 8%.
Les journaux se sont donc faits une joie de titrer “le PS écrasé”, “le PS grand perdant des élections européennes”, et autres joyeuseté. Aurais-je donc le droit, moi, secrétaire de section PS, de me réjouir de ces élections (en France) ?
Alors oui, évidemment, le PS fait un mauvais score. Score qui ressemble étrangement à celui de 2002 (comme je le présageais ici). Mais avant d’être socialiste, je suis avant tout de gauche. Et hier, la Gauche s’en est bien sortie. Avec 33 sièges, elle fait jeu égal avec la Droite, qui est pourtant arrivée en tête (et l’on sait que le découpage par régions allié à la proportionnelle favorise les gros scores).
Les résultats en France ne sont donc pas si mauvais. D’autant que le MoDem, que tout le monde annonce à tort comme la troisième force du pays depuis plusieurs années, a fait une fois de plus un score à un seul chiffre. Le centre-droit en a donc pris pour son grade également.
En résumé, tant pis pour le PS, tant mieux pour la gauche (et en particulier les camarades écolos, que je félicite !). L’intérêt général doit primer sur les intérêts particuliers. Voilà pourquoi, aujourd’hui, je me réjouis des élections d’hier.
Et maintenant, quoi ?
Au niveau du parlement européen de manière globale, les choses sont plus graves. Le PPE renforce sa position, et nous allons donc reprendre pour 5 ans de directives Bolkestein, de démantèlement des services publics, des systèmes de santé, etc. Ceci n’améliorera pas l’image de l’Europe, et on peut facilement imaginer que la participation sera encore plus faible la prochaine fois.
Les résultats d’hier vont également bousculer la scène politique française. La première victime est François Bayrou. Alors que beaucoup le voyaient en troisième position, il s’écrase à 8%. Ses chances pour 2012 sont fortement compromises. Depuis le temps qu’on l’annonçait, le Béarnais a fait pschitt.
Conséquence : on entendra sûrement moins parler différents socialistes des alliances avec le MoDem (au niveau national). Il était temps ! Cela fait maintenant 2 ans qu’ils nous prenaient la tête avec ça. C’est désormais fini !
Autre conséquence, dommageable cette fois, un certain nombre de voix s’élèvent à nouveau contre notre première secrétaire. Certains n’ont toujours pas compris qu’il faut se serrer les coudes plutôt que se tirer dans les pattes. Ceux-là même qui ont critiqué la campagne PS jusqu’à une semaine avant l’élection… Est-ce qu’il ne s’agit pas là de clarifier, une bonne fois pour toute, la situation ? Et de leur montrer la sortie, avant qu’ils ne plombent définitivement le premier parti de Gauche français ?
Moi qui fut un farouche opposant à Royal, et qui ne la porte toujours pas particulièrement dans mon coeur, je remarque aujourd’hui que ce n’est pas elle qui pose problème. Il y a un véritable espoir de réunification du PS. Mais avant, il faudra dégager ceux qui n’ont rien à y faire. Collomb, dehors. Valls, dehors. Hollande : allez on attend la prochaine campagne, en reconnaissance des années passées à la tête du parti.
Il est temps que le parti se remette au travail. A Puteaux, en tout cas, nous ne resterons pas immobiles, attendant les prochaines élections.











juin 9th, 2009 at 10 h 53 min
Votre analyse est claire et sans langue de bois. Elle pose bien les enjeux politiques à venir.
Personnellement, je pense que la classe politique n’a pas nécessairement pris toute la mesure des bouleversements qui découlent du quinquénat. Le “tempo politique” et les modes de scrutin poussent vers une bipolarisation de la vie politique française. Or c’est à tout le contraire qu’on assiste, ce qui jette le trouble : où se situe le MoDem (en tant que parti) et ses électeurs (ce qui peut être différent) ? L’écologie est une nécessité universelle. Il est de la responsabilité de tous les dirigeants politiques de préserver la planète. Le vote “Europe Ecologie” incarne-t-il la victoire des tenants de “l’écologie politique” ou bien une simple prise de conscience citoyenne et un message fort envoyé aux autres partis politiques ? Est-ce uniquement un vote de gauche ? Est-ce la recherche d’une troisième voie entre le modèle libéral et le modèle socialiste ?
Autant de sujets sur lesquels j’aurai plaisir à débattre avec vous dans les prochaines semaines et les prochains mois.
Quant à Puteaux, je ne peux que me féliciter d’un regain d’activité et de visibilité du PS. C’est nécessaire pour qu’il y ait un vrai débat démocratique. Il est regrettable, qu’alors que vous avez mené une campagne active sur le terrain, certains qui n’ont rien fait puissent compenser leurs erreurs par une simple utilisation de l’image…
juin 11th, 2009 at 17 h 34 min
Francis tu ne peux pas dire à la fois qu’il “faut se serrer les coudes plutot que de se tirer dans les pattes ” et plus loin dire” qu’il faut se débarasser d’untel et d’untel”; ce type de raisonnement aboutira à la création de 4 partis au lieu d’un ,déja mal en point ; s’il nous faut rassembler la gauche ,ce n’est pas en excluant ceux qui s’en réclament, même si on n’est pas totalement d’accord avec eux , qu’on s’en sortira ; j’aurais aimé également que tes analyses de l’échec soient d’abord partagées au sein de la section,pour éviter que des récents adhérents à l’ump ,aux convictions clairement établies et durables, viennent donner sur ton site ses impressions et ses encouragements de faux-cul ; j’aurais préféré qu’il te donne son avis sur ta journée electorale dans les bureaux de Puteaux ou qu’il t’explique les résultats brillants à 28% de sa coalition de 4 partis de droite qui devraient un peu l’interroger;
juin 11th, 2009 at 17 h 48 min
Salut Paul,
Il y a pourtant certains éléments qui rendent toute synthèse impossible… Ceux qui sont les premiers à tirer dans les pattes des autres, et ce depuis longtemps maintenant. Ceux qui transforment le PS en machine à perdre avec leurs commentaires dans les médias. Ils ne sont heureusement pas nombreux, et c’est, selon moi, en les invitant à partir que nous pourrons enfin avancer.
Je m’étonne aussi du silence de F. Chevalier sur mon article concernant le vote à Puteaux. Il s’est vite adapté à la majorité, dirait-on !
Pour ce qui est de l’explication des résultats, je crois que c’est une tendance nationale : l’UMP se félicite du fait que la droite ne fasse que 28% sans les extrêmes. Isn’t it ironic ?, comme dirait Alanis Morissette