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Montebourg vs. Centrisme : la fausse bonne analyse

octobre 12th, 2011 | No Comments | Posted in Parti Socialiste

Arnaud Montebourg - BaudryQuel que soit le média que vous privilégiez, n’importe quelle chaîne de télé, n’importe quel journal, n’importe quelle radio, n’importe quel site Internet, on ne parle que d’une chose en cet entre-deux tour : comment Aubry et Hollande peuvent récupérer les voix de Montebourg. Et celui-ci d’en profiter, de faire « monter les enchères », etc.

J’étais dans mon précédent post très optimiste au regard du score de Montebourg au premier tour, en indiquant que cela allait forcer le PS à se repositionner à gauche. Aujourd’hui, après avoir vu la lettre de Montebourg, je suis plus partagé. Certes, sur le fond, pas grand-chose à redire. Mais la forme commence à me peser. Tout se passe comme si Arnaud Montebourg était propriétaire de chacune de ses voix, ce qui est très loin d’être le cas. Sans compter l’effet « gonflement des chevilles », très bien résumé par sa phrase « j’ai mis en minorité les deux vainqueurs ». D’une part je ne vois pas en quoi 39 + 30 = 69% peut représenter « une minorité ». D’autres part, le « je » de cette phrase me paraît un peu déplacé ; les électeurs de la gauche du PS (interne et externe) sont les seuls propriétaires de ce score. En temps que soutien de Benoît Hamon, et donc de la gauche du PS précisément, j’ai du mal à accepter cette récupération. D’autant qu’Arnaud Montebourg ne s’est découvert à la gauche du PS que depuis 6 mois et le lancement de la campagne des primaires.

Cela étant, il n’est pas le seul à blâmer. Comme toujours, les médias jouent un rôle prépondérant, en mettant l’accent – plus que de raison – sur cette phase de « séduction politique ». Et d’analyser par la suite « les deux finalistes devront faire attention à ne pas trop donner de gages à Montebourg, étant donné que, pour gagner les présidentielles, il faut regrouper les centristes également ». C’est mathématique, disent-ils. Les sondages montrent que la gauche fait en ce moment 40% au total. Il faut donc aller chercher les électeurs ailleurs.

Combien de fois faudra-t-il le répéter : la politique n’est pas une science exacte, et les mathématiques ne peuvent s’y appliquer aussi directement ! C’est mal connaître le corps électoral français que croire que « la gauche est à 40% » de manière figée et définitive. Les personnes qui ne sont ni de gauche, ni de droite, largement majoritaires en France, ne sont pas toutes centristes ! Sinon il y a bien longtemps que Bayrou serait président, élu à une écrasante majorité dès le premier tour. Les électeurs « ni de gauche, ni de droite » ne seront pas forcément attirés par un candidat PS qui fait des appels du pied au Modem et à la droite modérée. En revanche, ils seront plus enclins à voter pour un programme cohérent, qui porte un vrai changement du système, avec des solutions concrètes et des propositions fortes.

Certes, un programme de gauche « forte » n’attirera pas de consigne de vote de Bayrou, Morin ou Dupont-Aignant. Mais il attirera néanmoins une bonne partie de leurs électeurs à partir du moment où il est sérieux, cohérent, et concret. Ne sous-estimons pas les électeurs. Chaque parti n’est pas propriétaire d’un troupeau de moutons, valant X% à chaque élection. Restons droits dans nos bottes, travaillons nos propositions, soyons sérieux. Voilà ce que les Français attendent. Pas une sorte de synthèse programmatique hétérogène, qui aboutirait à un immobilisme létal.

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