Francis Poézévara

Conseiller municipal à Puteaux

Catégorie : La vie à Puteaux (Page 1 sur 21)

Résultats de l’élection municipale 2020 à Puteaux

Alors que l’actualité post-électorale a été bouleversée par la pandémie de SARS-CoV-2, je prends quelques minutes de mon temps confiné pour revenir en détail sur les résultats de l’élection municipale de 2020 à Puteaux.

Résultats municipales 2020 Puteaux

Un résultat dans la lignée de 2014

A la lecture des résultats définitifs, la première constatation est qu’ils constituent tout sauf une surprise : il s’agit à quelques détails près des résultats de 2014, auxquels il faut enlever les scores des listes FN et Ceccaldi-père, bien entendu.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud est ainsi largement réélue dès le premier tour, améliorant même ses scores de 2014 (56%) et de 2015 (61%). Derrière, la liste LREM héritière de la liste divers droite “Puteaux en Mouvement” de 2014 fait toujours entre 10% et 20%, de même que l’attelage EELV / MoDem qui repartait cette année sans l’étiquette officielle du parti de François Bayrou mais avec sa section locale. Derrière, la liste de gauche, que je menais, ne parvient toujours pas à dépasser les 10%, se rapprochant même de la barre fatidique des 5%.

Peu de surprises à l’annonce du résultat, donc. Mais le diable réside toujours dans les détails, et nous pouvons tirer quelques autres enseignements de ces résultats.

Pour les comparaisons entre 2014 et 2020, se reporter à la notice en fin d’article*.

1 – Un clientélisme plus fort que le coronavirus

Nous le craignions quelques jours avant le scrutin : l’abstention massive liée à la peur de l’épidémie a largement favorisé Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Une observation que l’on retrouve sur le graphique ci-dessous. Celui-ci représente, en ordonnées, le score de J. Ceccaldi, et en abscisses le taux de participation, le tout bureau de vote par bureau de vote.

Comme vous le voyez, la participation est largement plus forte dans les bureaux les plus favorables à la Maire sortante que dans ceux qui lui sont plus défavorables. C’est ce que j’ai représenté par la droite en rouge. C’est bien l’une des forces du système Ceccaldi : celui d’aller chercher ses électeur·trice·s pour les faire voter. Alors que l’électorat de l’opposition est plus touché par les fluctuations de participation, ce qui a un impact encore plus grand cette année.

2 – Des logements sociaux “ceccaldisés” à outrance

Nous en faisons régulièrement le constat : à Puteaux, le parc de logement social est la première des “mines d’or” électorales sur lesquelles repose la famille Ceccaldi. Sur le graphique ci-dessous, représentant le score de J. Ceccaldi-Raynaud par bureau de vote, j’ai indiqué en rouge ceux correspondant aux grandes résidences HLM de Puteaux.

Le résultat est incroyable (pour qui ne connaît pas Puteaux) : 11 des 12 meilleurs résultats de Joëlle Ceccaldi-Raynaud correspondent aux grandes résidences HLM de Puteaux. Résidences qui votent donc pour la Maire sortante entre 70% et 80% ! Des bureaux qui, pourtant, sur les élections nationales, votent plutôt à gauche ou Front National. Et des habitant·e·s qui ont pourtant beaucoup de reproches à faire à la mairie lorsqu’on les interroge en porte-à-porte.

3 – Une opposition dans le dur

Au-delà des résultats de J. Ceccaldi, dont nous avons maintenant l’habitude, je vais m’attarder sur l’opposition. Le premier constat, que je fais très humblement, est que l’opposition est à nouveau électoralement inexistante à Puteaux. Si Joëlle Ceccaldi perd 1000 voix entre 2014 et 2020, en raison de l’abstention, l’opposition en perd pour sa part plus de 2000, alors qu’elle en possédait moins initialement. Le résultat est donc là, amer : aucune de nos trois listes n’a dépassé les 15%.

Ironiquement, Facebook me rappelait il y a quelques jours le constat que je faisais au lendement de l’élection de 2014. Constat qui est toujours d’actualité, peut-être même plus qu’alors :

4 – La force des étiquettes

En rentrant dans le détail des résultats de l’opposition, un constat contre-intuitif s’impose. Alors que le monde politique est chambardé depuis 2017, et à l’heure où tout le monde proclame le “nouveau monde”, le schéma ancien perdure, peut-être même plus fort que jamais. Ainsi, le principal facteur de décision des électeur·trice·s est toujours l’étiquette des partis politiques, étiquettes qui sont pourtant si décriées.

Ainsi, la liste LREM, qui a mené une campagne très dynamique, sans doute d’ailleurs, je le reconnais, la meilleure campagne de ces élections, ne parvient qu’à rassembler 15% des suffrages. Si ce score représente une amélioration par rapport au score de Puteaux en Mouvement en 2014 (qui faisait alors moins de 14%), et permet à En Marche d’arriver deuxième, il est bien en deçà de ce que permettaient d’envisager les derniers résultats nationaux. De mon point de vue, cette liste a pâti de la défiance (le mot est faible) actuelle envers le gouvernement, et du caractère repoussoir de son étiquette.

Derrière, la liste EELV / MoDem, même si elle réalise un moins bon résultat qu’en 2014 (13,3% contre 15,6% à l’époque), est portée par la dynamique nationale pour EELV. La comparaison entre les deux campagnes, à 6 ans d’écart, est éclairante : en 2014, la liste Puteaux Pour Vous avait fait une campagne très dynamique, et elle était portée par un acteur reconnu ayant une très forte notoriété locale, Christophe Grébert. En 2020, à l’inverse, elle était portée par un nouvel arrivant, et n’a presque pas fait campagne (constituée in extremis fin février, avec un programme paru quelques jours avant l’élection). Mais en plaçant intelligemment le logo EELV sur les affiches et les bulletins de vote, la casse est limitée à 2,3 points.

Enfin, la liste du Printemps Putéolien, que j’ai conduite, a été la seule à refuser de s’enfermer derrière une étiquette, adoptant un logo fédérateur plutôt qu’une logique partisane. Et ce alors que nous étions soutenus par des partis aussi importants que le Parti Socialiste ou La France Insoumise. Grosse erreur stratégique dont nous avons pris conscience durant les derniers jours de campagne ! Les logos ont encore de beaux jours devant eux, et nous aurions dû accepter cette règle qui nous semblait archaïque. Avec un résultat de 6,7%, nous perdons 2 points par rapport à 2014.

5 – L’ancrage local : une force d’appoint

Le débat agite depuis longtemps les experts de science électorale : quelle est le poids de l’étiquette et quel est celui de l’ancrage local dans une campagne municipale ? D’après le constat 4, nous avons vu que l’étiquette pesait très lourd. Quant à l’ancrage local, son importance est mesurée mais non négligeable.

Un moyen de vérifier cette affirmation consiste à étudier plus précisément les résultats de ma liste, le Printemps Putéolien, bureau de vote par bureau de vote, et de regarder les résultats dans les bureaux où elle possède un ancrage fort (personnalité active et reconnue).

Dans le graphique ci-dessous, en rouge le résultat de la liste de gauche en 2014, et en bleu celui de 2020 :

On le voit, les scores sont globalement moins bons partout (malheureusement !), sauf à quatre endroits :

  • Bureau 21, qui est mon bureau de vote ainsi que celui de mon numéro 3, Laurent Giblot, et de Nadine Jeanne, élue sortante,
  • Bureau 22, qui fait partie de la même résidence,
  • Bureau 2, qui est celui de ma numéro 2, Anna Fryde,
  • Bureau 14, qui est celui de plusieurs personnes de ma liste, et notamment d’Evelyne Hardy, élue sortante.

Sur ces bureaux, nous réalisons un score moyen de quatre points supérieur à celui du reste de la ville (ce qui fait beaucoup, vu que le résultat global n’est pas haut !).

Si l’on fait le même travail pour la liste Ensemble pour Puteaux (LREM), on voit que le bureau de la tête de liste (Emmanuel Canto) – bureau 14 – a un score significativement plus élevés que le reste de la ville :

Je ne connais malheureusement pas assez les personnes de son équipe pour pouvoir détailler plus, mais je suppose qu’il se trouve parmi eux des personnalités reconnues dans les bureaux 15, 25 et 33, qui enregistrent de fortes progressions et un bon score. Le bureau de sa numéro 2, le bureau 4, a quant à lui un résultat en augmentation modérée.

En ce qui concerne la troisième liste d’opposition, EELV / MoDem, elle présente la particularité, comme je le disais précédemment, de ne pas jouer sur l’ancrage local, mais de miser sur l’étiquette. Ce qui est vérifié par le graphique suivant :

On voit ainsi que ni le bureau 20 de la tête de liste (Vincent Dubail), ni celui de sa numéro 2 (le 30), ni de son numéro 3 (le 11) ne sont particulièrement en augmentation.

6 – Perspectives

Ces constats sont intéressants, d’une part par curiosité intellectuelle, mais également parce qu’ils permettent de tracer des perspectives électorales à Puteaux. Comme j’aime à le répéter, l’alternance à Puteaux ne peut avoir lieu qu’avec un alignement des planètes. Au vu des constats précédents, ces planètes sont :

  • Un affaiblissement de la machine électorale – clientéliste de la famille Ceccaldi (par exemple avec le retrait de Joëlle Ceccaldi-Raynaud),
  • Une conjoncture nationale, et son jeu de vases communicants pour les étiquettes, favorable (par exemple sous une majorité nationale LR),
  • Un fort ancrage local de l’opposition.

Si nous n’avons pas de prise sur les deux premiers axes, il nous appartient, à nous tou·te·s qui nous réclamons de l’opposition, élu·e·s ou non, de travailler au troisième. Cela passe par du travail, en assistant au Conseil municipal de manière régulière d’une part (la base, mais qui n’a pas été assurée par tou·te·s lors du mandat qui s’achève), mais aussi en s’engageant au-delà du Conseil aux côtés des citoyen·ne·s, notamment dans la vie associative de la ville (même remarque).

La marge de progression est grande, mais nous pouvons travailler dès à présent, et sur le long terme, à la rétrécir. Je le souhaite, pour les Putéolien·ne·s et pour notre ville.

* Note méthodologique : les bureaux de vote ayant été modifiés entre 2014 et 2020, avec notamment la création d’un nouveau bureau au Palais de la culture et avec le redécoupage des bureaux existants, les résultats passés sont inexacts, calculés de manière approchée d’après le nouveau redécoupage.

Elections municipales 2020 à Puteaux : histoire d’une campagne

Ce soir à minuit, la campagne du premier tour de l’élection municipale 2020 à Puteaux s’achèvera. Ayant fait le choix de ne pas la suivre en direct sur ce blog, privilégiant le site officiel, je vais néanmoins tenter de résumer ces mois de travail et d’actions intensives.

Du côté de la gauche et des écolos, tout a commencé il y a un peu plus de deux ans et demi, lorsque les deux élu·e·s ex-MoDem ont quitté le groupe du Rassemblement. A l’époque, avec des représentant·e·s de tous les partis de gauche (de PS à EELV, en passant par le PCF et Génération·s) et des citoyen·ne·s de sensibilité de gauche mais sans “étiquette”, nous avons entamé des discussions sur l’avenir de Puteaux, en vue de construire une véritable alternative à la majorité actuelle.

Naissance du Printemps Putéolien

Ces discussions de fond se sont poursuivies pendant plusieurs mois. Puis, mi-2019, nous avons décidé de lancer officiellement Le Printemps Putéolien. Cela s’est déroulé le 20 juin 2019, 50 ans jour pour jour après l’accession de Charles Ceccaldi-Raynaud au pouvoir. Une soirée un peu hors du temps, au cours de laquelle l’ensemble de l’opposition municipale, citoyenne non encartée ou représentant des partis allant de… LREM à LFI, s’est retrouvée pour discuter écologie, solidarité et démocratie. Tout juste pouvait-on regretter l’absence des élu·e·s du groupe “Puteaux Futur” (ex-Modem) et des responsables EELV locaux. Une belle soirée de démocratie, qui a permis d’acter des points communs mais aussi des divergences. Suite à cette soirée, nous avons décidé de mettre en place avec les membres fondateurs du Printemps Putéolien une Grande Enquête, dont l’objectif était de demander aux Putéolien·ne·s leur avis sur la ville, leur quotidien, sur ce qui fonctionnait et ne fonctionnait pas. Le succès a été retentissant, puisque cette enquête est devenue la plus grande enquête indépendante de la mairie menée à Puteaux : plus de 500 personnes ont répondu au questionnaire, en ligne, sur les marchés ou en porte-à-porte.

A la rentrée de septembre 2019, suite à l’analyse des résultats, il est apparu que de nombreux·ses Putéolien·ne·s étaient en attente de changement, notamment pour plus d’écologie, plus de solidarité et plus de démocratie, comme nous nous y attendions. L’équipe du Printemps Putéolien a donc décidé de lancer une liste pour l’élection municipale. Avec une particularité : nous avons choisi dans un premier temps de ne pas désigner de tête de liste, considérant que le fond, idées, valeurs et propositions, valait mieux que les questions de personnes.

LREM ayant lancé sa campagne en août, et étant sur un positionnement politique différent de celui du Printemps Putéolien, nous avons proposé à l’ensemble de l’opposition de gauche de se joindre au mouvement, pour incarner une véritable alternative au duel entre les deux droites qui se profilaient. C’est ainsi que les militant·e·s LFI locaux nous ont rejoint, alors que trois des quatre militants EELV locaux ont fait un choix différent : ils trouvaient plus stratégiques d’avoir une tête de liste EELV garantie plutôt que passer par une élection ouverte, avec incertitude de la remporter. Un militant EELV décide néanmoins de poursuivre le travail débuté avec nous (et se retrouvera plus tard suspendu pour cela, mais c’est une autre histoire !).

Première campagne pour la désignation de notre tête de liste

Tout au long du mois de novembre, le Printemps Putéolien a donc été à la rencontre des habitant·e·s de la ville, pour les informer de notre démarche et leur permettre de participer. En parallèle, nous avons lancé une série d’ateliers de réflexion programmatique, ouverts également.

Puis, le 3 décembre, nous avons organisé la soirée de désignation de notre tête de liste. La soirée s’est déroulée en deux temps : tout d’abord les participant·e·s ont débattu sur les qualités nécessaires à la future tête de liste, puis chacun·e a pu se présenter au suffrage. Anna Fryde et moi-même nous sommes présenté·e·s, et j’ai eu le privilège d’être élu avec un peu plus de 60% des voix.

Le mois de décembre a ensuite été très chargé : en parallèle de la poursuite de la construction du programme, nous avons organisé la dernière ligne droite de la campagne, de janvier à mars. Documents à distribuer, charte graphique, signes de reconnaissance, site Internet, financement… Toutes ces réflexions qui ne sont pas forcément visibles mais qui occupent une bonne partie du temps de campagne.

La dernière ligne droite, de janvier à mars 2020

En janvier, la véritable campagne a commencé, par une action importante : le Printemps Putéolien a organisé une collecte des cartes de voeux anti-écologiques de la Mairie de Puteaux. Une belle réussite, qui nous a valu le soutien de nombreux·ses Putéolien·ne·s et qui a retenti hors des frontières de Puteaux, dans différents médias. Nous avons également sélectionné les propositions phare que nous allions défendre tout au long de la campagne, au nombre de sept, sur le thématiques, évidemment, de l’écologie, de la solidarité et de la démocratie, auxquelles nous avons ajouté l’égalité femmes/hommes. Des propositions impactantes, de fond, dont aujourd’hui avec le recul je continue d’être très fier !

Côté “petite politique”, j’ai été invité, au même titre qu’Emmanuel Canto (candidat LREM), par Vincent Dubail (EELV) et Bouchra Sirsalane (MoDem), à discuter d’alliances aux premier voire second tours. N’étant pas un grand fan des tractations secrètes, j’ai proposé que cette réunion soit ouverte au public. Nous avons donc vécu une nouvelle belle soirée de discussions, au cours de laquelle j’ai tendu la main à tou·te·s ceux·celles qui partagent nos valeurs. LREM a confirmé le fait que sa campagne était lancée et qu’il était compliqué de tout changer si près de l’élection, et EELV a annoncé qu’ils proposeraient une charte d’union de premier tour basée sur l’écologie. Quelques jours après, EELV et le MoDem annonçaient finalement la constitution d’une liste commune, réglant la question du périmètre d’union au premier tour.

Février a débuté sur les chapeaux de roue par l’inauguration de notre local de campagne ! Il s’agissait de la première fois depuis 2008 qu’une liste d’opposition disposait d’un local. L’intérêt d’un tel lieu est triple : d’une part il permet de ne plus dépendre du bon vouloir de la mairie pour disposer d’un lieu de réunion, d’autre part il permet d’établir des permanences pour rencontrer les Putéolien·ne·s dans un lieu fixe, et enfin pour des raisons logistiques, puisqu’il permet de centraliser le matériel nécessaire à une campagne (tracts, affiches, etc.).

La campagne a ensuite gagné en intensité. Nous avons continué à présenter notre projet aux Putéolien·ne·s, sous forme d’un livret détaillé, et nos principales proposition, sous la forme originale de tracts ensemencés. Le principe : ces tracts zéro déchet peuvent être plantés dans de la terre pour laisser place à des fleurs des champs. Nous avons lancé ce concept lors d’un happening original, puisque nous avons végétalisé des places de parking en plein centre de la ville.

Porte-à-porte, distribution de tracts, permanences, collage d’affiches : le quotidien des militant·e·s en campagne ! Bien sûr, tout cela demande de l’énergie, mais la conviction de se battre pour des idées et des valeurs fortes permet beaucoup. Je suis particulièrement fier de la bienveillance avec laquelle le Printemps Putéolien a fait campagne, en se plaçant toujours dans la proposition, en martelant ses idées et ses valeurs avant tout. Et ce, malgré des attaques parfois violentes venues de la majorité mais aussi d’une liste d’opposition pourtant sur le papier proche de nous.

Afin de récolter l’avis des Putéolien·ne·s sur nos propositions phare, toujours dans notre démarche de démocratie participative, nous avons mené une votation sur les marchés de Puteaux. Plus de 150 personnes se sont arrêtées pour donner leur avis sur quatre idées : le Revenu Minimum Social Garanti, qui a remporté les suffrages, la piétonnisation des quartiers par un système de super-blocks, qui suivait de très près, la création de deux forêts urbaines et d’un Conseil municipal de citoyen·ne·s tiré·e·s au sort.

Les résultats de cette votation ont été annoncés lors du dernier grand événement de notre campagne avant le premier tour : un Meeting – Concert qui s’est déroulé à l’école Jean Jaurès mardi 10 mars. Encore une première à Puteaux : nous avons souhaité mêler la politique à la convivialité et la culture, en découpant la soirée en un temps de débats de fond et un temps de concert de jazz. Près de cent Putéolien·ne·s sont venu·e·s assister aux échanges, ce qui a fait de cette soirée la plus grande réunion publique d’une liste d’opposition de la campagne !

Quelques jours avant cette soirée, une de nos actions faisait encore parler d’elle dans les médias. A l’occasion de la journée international des droits des femmes, le dimanche 8 mars, nous avons en effet choisi de rendre hommage aux femmes de l’Histoire, à qui les villes de France ne dédient que 2% de leurs noms de rues. Nous avons donc apposé de fausses plaques dans les rues de Puteaux, puis, en une chorale improvisée, nous avons entonné l’hymne des femmes (ou hymne du MLF). Moment émouvant, puisque plusieurs passantes ont repris le refrain en choeur avec nous, parfois en larmes !

Continuons l’histoire !

Il y aurait évidemment bien d’autres instants à raconter sur ces derniers mois. Une campagne municipale est en effet riche de centaines d’anecdotes, d’actions et de réflexions par milliers. A quelques heures de la fin de campagne officielle pour le second tour, je retiens surtout le plaisir que j’ai eu à faire cette première partie de campagne avec une équipe talentueuse et bienveillante.

Merci également à vous tou·te·s pour votre accueil et vos encouragements, dans les rues de Puteaux, sur les marchés, en porte-à-porte… C’est aussi cela qui nous permet de poursuivre chaque jour le combat face à la famille régnante !

Désormais, c’est à vous d’aller voter pour choisir qui sera présent au second tour de l’élection municipale. Notre équipe est d’ores et déjà prête pour cette dernière ligne droite !

[Vidéo] Comment limiter le prix de l’immobilier à Puteaux ?

Immobilier : avec un prix moyen de 7 300€/m², en augmentation de plus de 23% en cinq ans, Puteaux est entrée en 2019 dans le top 5 des villes les plus chères des Hauts-de-Seine.

Alors que cette explosion des prix peut paraître inéluctable, je reviens dans ma dernière vidéo sur les possibilités qui sont offertes aux Maires pour limiter le prix de l’immobiliser sur sa commune.

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Mon analyse des résultats des européennes 2019

Victoire du Rassemblement National ? Défaite de Macron ? Victoire d’EELV ? Défaite de LFI ? On lit beaucoup de choses sur les résultats des élections européennes de dimanche dernier. Voici mon analyse des résultats nationaux et à Puteaux.

Les européennes au niveau national

Les résultats aux européennes 2019 en France (source : Liberation.fr)

Les résultats aux européennes 2019 en France (source : Liberation.fr)

Le premier constat, évident, est que le score du Rassemblement National est beaucoup trop important. Jamais nous ne devrons nous y résigner, ce parti est l’ennemi de la République, et chaque voix obtenue est un échec de l’ensemble de la classe politique démocrate et républicaine. Quel que soit notre bord politique, le résultat de dimanche soir est donc obligatoirement, et avant tout, inquiétant.

Néanmoins, peut-on réellement parler de défaite de LREM et d’Emmanuel Macron ? Certes, comme le dit très justement Boris Vallaud, en essayant de faire de Macron une digue anti-RN, LREM n’a réussi qu’à faire du RN une digue anti-Macron.  Mais je suis convaincu que cela reste l’objectif premier du Président de la République : finir d’installer le clivage libéraux contre populistes comme seul clivage de la politique française (voire européenne). En cela, le résultat de dimanche soir constitue un succès pour LREM. Après avoir dynamité la gauche en 2017, voici qu’ils ont dynamité (ou plus exactement, phagocyté) la droite. Et installé un peu plus le match Macron vs. Le Pen qu’ils espèrent tant voir se reproduire en 2022, s’agissant du meilleur scénario pour une réélection.

Je n’aurai pas de mot suffisamment dur pour qualifier cette stratégie. Cette vision électoraliste à court terme est mortifère. Nous ne répéterons jamais assez qu’en installant l’extrême droite en seul opposant politique, en seule alternative, Emmanuel Macron programme son arrivée au pouvoir.

Pour contrer cette stratégie à vocation hégémonique de duo LREM / RN, le scrutin de dimanche a montré une voie. Le bon score des écologistes (même s’il faut savoir raison garder, il ne s’agit que de 13,5% à une élection européenne) vient en écho de la teinte verte qu’ont pris les différents programmes de gauche, Génération·s bien sûr, LFI, mais également des partis historiquement plus réservés sur ce sujets tels que le PS et le PCF.

La voie qui doit s’imposer, face aux libéraux et populistes, est celle de l’écologie et de la justice sociale. On en est loin, notamment parce qu’aujourd’hui les forces sont divisées entre de nombreuses chapelles, qui pour diverses raisons n’ont pas été conciliables dimanche. Mais ce n’est pas une fatalité. Nous voyons, chacun doit voir, le potentiel que cachent ces scores éclatés.

Il y a énormément de points communs entre les EELV qui refusent la vision ni-de-gauche-ni-de-gauche portée par certains, les Génération·s, les PS-PP qui se reconnaissent plus en Glucksman qu’en le social-libéralisme, les PCF qui ont dépassé une vision productiviste historique, les LFI qui reviennent d’un positionnement populiste voué à l’échec… Et tant de sympathisants, qui n’attendent que cela.

Il est temps de construire enfin cette maison commune, que l’on évoque chacun dans son coin depuis des années sans vraiment s’y atteler. Cette construction ne peut se faire derrière personne, autour de personne, mais bien ensemble. Bien sûr, la responsabilité de lancer cette dynamique incombe en premier lieu à EELV. Chacun devra faire preuve d’humilité, ce qui est souvent une gageure en politique. Mais notre responsabilité est là, et ne pas l’assumer serait condamner notre pays à voir se succéder les politiques injustes et dépassées des libéraux et les politiques fascisantes de l’extrême droite.

Au travail.

Les européennes à Puteaux

Résultats des élections européennes 2019 à Puteaux

Résultats des élections européennes 2019 à Puteaux

A Puteaux, les résultats sont également porteurs de messages intéressants. Tout d’abord, ils sont la confirmation que le Rassemblement National ne parvient pas à s’implanter dans notre ville. Absente du Conseil municipal, l’extrême droite ne perce pas plus aux scrutins nationaux. Je m’en réjouis !

Le grand enseignement est avant tout l’effondrement du parti de Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Les Républicains ne rassemblent que 13,8% des voix, sans doute le score le plus bas réalisé par le parti depuis plus de 20 ans. Alors que l’on estimait que la “machine électorale ceccaldiste” assurait 5 000 voix à chaque élection, seules 2 340 personnes ont glissé le bulletin de la majorité municipale dans l’urne. En y ajoutant les voix de l’UDI et de Debout la France, on atteint péniblement 19%.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud ne s’y est pas trompée : ce résultat est un très mauvais présage pour elle. Oubliée l’annonce traditionnelle des résultats au micro devant un parterre conquis à la Mairie le soir des élections. Seuls les nombres de voix, sans aucun pourcentage, ont été annoncés, sans micro, dans l’entrebâillement d’une porte.

Ce résultat s’explique avant tout par le fait que LREM est désormais la première force de droite à Puteaux. L’étude des résultats détaillés le montre effectivement : c’est désormais l’électorat de droite qui constitue le socle du parti présidentiel, en résonance avec sa politique nationale. Avec 30,4% des voix, LREM est largement devant LR, même renforcé par l’UDI et DLF/CNIP. De quoi provoquer quelques nuits blanches à la mairie.

Le résultat de la gauche et des écologistes est l’autre surprise de ces élections européennes à Puteaux. Avec EELV frôlant les 15%, dépassant son score national, les forces de la gauche et de l’écologie totalisent plus de 35% des voix. Bien sûr, cela ne doit pas éclipser le fait que la ville est toujours majoritairement à droite, mais il faut y voir un signe d’espoir pour les années à venir.

Comme au niveau national, l’enjeu principal sera l’union ou la désunion de ces différentes forces. Mais l’avenir est prometteur !

Au travail (à nouveau).

Elections européennes : Résultats à Puteaux

Voici les résultats officiels des élections européennes de 2019 sur la commune de Puteaux :

Inscrits : 29 881
Votants : 17 764, soit 59,45% de participation
Blancs : 2,37%, nuls : 1,86%

Listes Voix % Inscrits % Exprimés
RENAISSANCE SOUTENUE PAR LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE, LE MODEM ET SES PARTENAIRES 5 164 17,28 30,36
EUROPE ÉCOLOGIE 2 527 8,46 14,85
UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE 2 340 7,83 13,75
PRENEZ LE POUVOIR, LISTE SOUTENUE PAR MARINE LE PEN 1 928 6,45 11,33
ENVIE D’EUROPE ÉCOLOGIQUE ET SOCIALE 915 3,06 5,38
LA FRANCE INSOUMISE 741 2,48 4,36
LISTE CITOYENNE DU PRINTEMPS EUROPÉEN AVEC BENOÎT HAMON SOUTENUE PAR GÉNÉRATION.S ET DÈME-DIEM 25 552 1,85 3,24
PARTI ANIMALISTE 548 1,83 3,22
URGENCE ÉCOLOGIE 546 1,83 3,21
LES EUROPÉENS 528 1,77 3,1
LE COURAGE DE DÉFENDRE LES FRANÇAIS AVEC NICOLAS DUPONT-AIGNAN. DEBOUT LA FRANCE ! – CNIP 358 1,2 2,1
ENSEMBLE POUR LE FREXIT 277 0,93 1,63
POUR L’EUROPE DES GENS CONTRE L’EUROPE DE L’ARGENT 226 0,76 1,33
LUTTE OUVRIÈRE – CONTRE LE GRAND CAPITAL, LE CAMP DES TRAVAILLEURS 62 0,21 0,36
ENSEMBLE PATRIOTES ET GILETS JAUNES : POUR LA FRANCE, SORTONS DE L’UNION EUROPÉENNE ! 58 0,19 0,34
ALLIANCE JAUNE, LA RÉVOLTE PAR LE VOTE 55 0,18 0,32
LES OUBLIÉS DE L’EUROPE – ARTISANS, COMMERÇANTS, PROFESSIONS LIBÉRALES ET INDÉPENDANTS – ACPLI – 35 0,12 0,21
UDLEF (UNION DÉMOCRATIQUE POUR LA LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ) 32 0,11 0,19
PARTI FÉDÉRALISTE EUROPÉEN – POUR UNE EUROPE QUI PROTÈGE SES CITOYENS 28 0,09 0,16
PARTI PIRATE 21 0,07 0,12
PACE – PARTI DES CITOYENS EUROPÉENS 15 0,05 0,09
UNE EUROPE AU SERVICE DES PEUPLES 13 0,04 0,08
ESPÉRANTO – LANGUE COMMUNE ÉQUITABLE POUR L’EUROPE 12 0,04 0,07
MOUVEMENT POUR L’INITIATIVE CITOYENNE 9 0,03 0,05
DÉCROISSANCE 2019 8 0,03 0,05
ALLONS ENFANTS 4 0,01 0,02
LISTE DE LA RECONQUÊTE 4 0,01 0,02
À VOIX ÉGALES 4 0,01 0,02
NEUTRE ET ACTIF 2 0,01 0,01
DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE 0 0 0
LA LIGNE CLAIRE 0 0 0
PARTI RÉVOLUTIONNAIRE COMMUNISTES 0 0 0
UNE FRANCE ROYALE AU COEUR DE L’EUROPE 0 0 0
ÉVOLUTION CITOYENNE 0 0 0

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