Francis Poézévara

Conseiller municipal à Puteaux

Catégorie : La vie à Puteaux (Page 2 sur 23)

Joëlle Ceccaldi-Raynaud élue Maire de Puteaux [conseil municipal du 25 mai 2020]

Lors du premier Conseil municipal de la nouvelle mandature, le lundi 25 mai 2020, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a été élue Maire de Puteaux, sans surprise.

La Maire d’une ville n’est en effet pas directement désignée lors de l’élection municipale. Celle-ci ne permet que de déterminer qui sont les conseiller·e·s municipaux, qui, eux, vont élire le Maire lors du premier conseil municipal. Concrètement, à Puteaux, la liste arrivée en tête obtient 22 élu·e·s en “bonus”, et les 21 postes restants sont attribués à la proportionnelle entre l’ensemble des listes. Ce qui donne une proportionnelle absolument biaisée : une liste ayant obtenu 50% des voix se retrouve avec 75% des élu·e·s.

Composition du nouveau Conseil municipal

A Puteaux, le nouveau Conseil municipal est donc composé de la manière suivante :

  • 36 élu·e·s de la liste menée par Joëlle Ceccaldi-Raynaud
  • 3 élu·e·s de la liste LREM
  • 3 élu·e·s de la liste EELV
  • 1 élu (moi) pour la liste du Printemps Putéolien

Peu de suspens donc quant à l’élection du Maire ! Mme Ceccaldi-Raynaud a remporté 36 voix, face à Emmanuel Canto qui était le seul autre candidat et qui a remporté 5 voix.

EPT POLD, CCAS, CAO… Les autres désignations

Les autres délibérations concernaient d’autres points d’installation du Conseil, par exemple l’élection des adjoint·e·s au Maire, l’approbation du Règlement intérieur du Conseil municipal ou encore la désignation des représentants du Conseil municipal au sein de différentes instances.

Cette année, contrairement au mandat précédent, l’opposition avait la possibilité d’avoir un représentant au Conseil territorial (l’équivalent des communautés d’agglomération au sein de la Métropole du Grand Pris). Ceci nécessitait un vote unanime des 7 conseillers d’opposition. Jusqu’au bout, un bras de fer a été engagé entre LREM et EELV pour ce poste, laissant présager la perte de ce poste au profit de la majorité. Heureusement, lors de l’appel à candidature, EELV a décidé de retirer la sienne, et l’opposition a donc pu envoyer un représentant au Territoire en la personne de Christophe Hautbourg.

A titre symbolique et en contrepartie, il a été convenu que chacune des deux autres listes ait un·e représentant·e dans les deux autres instances les plus importantes du Conseil municipal : le Conseil d’administration du CCAS (centre communal d’action sociale) et à la Commission d’Appel d’Offre. Une belle illustration de confiance et de solidarité au sein de l’opposition, dans un contexte où, vous le savez, il est très compliqué d’être opposant politique !

Mon regret sur ce Conseil vient du fait que LREM / EELV / le MoDem ont commis une erreur éthique en élisant Bouchra Sirsalane au Conseil d’Administration du CCAS, alors même que son historique rendait inacceptable cette nomination. Nomination qui d’ailleurs est actuellement contestée devant le préfet par Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Je défends depuis toujours une opposition éthiquement irréprochable, et j’ai donc été contraint de m’abstenir lors de ce vote.

En route vers la succession…

L’avantage à Puteaux, c’est que quoi que fasse l’opposition, la majorité fait pire. Et nous avons donc été surpris de constater que, contrairement à ce que laissait supposer l’ordre de la liste de la majorité, c’est Vincent Franchi, le fils de la Maire, qui a obtenu le poste de premier adjoint ! Et ce, alors qu’il est infiniment moins compétent que le numéro deux de la liste, Franck Cavayé, et que toutes les personnes l’ayant fréquenté émettent de gros doutes sur ses capacités à assumer la moindre responsabilité.

La succession est donc en bonne voie à Puteaux, et la charge de Maire devrait bien rester dans la famille Ceccaldi, indépendamment de l’incompétence de l’héritier. Une information intéressante – et inquiétante, lorsque l’on sait que Joëlle Ceccaldi-Raynaud a toutes les chances de devenir sénatrice l’an prochain.

Bonus House of cards

En bonus, je vous explique cette histoire de poste de sénatrice (merci à Catherine Pommeré sur Twitter pour avoir attiré mon attention là-dessus) :

  • Lors de la dernière élection sénatoriale, Joëlle Ceccaldi-Raynaud s’est présentée en quatrième position sur la liste de Philippe Pemezec. Cette liste a obtenu deux élu·e·s.
  • En mars, P. Pemezec a mené une liste aux municipales du Plessis-Robinson (dont il a été maire jusqu’en 2017), liste victorieuse dès le premier tour. Il a annoncé son intention de redevenir maire, non pas dès aujourd’hui, mais à l’horizon de mars 2021.
  • En mars 2021, en raison du non-cumul des mandats, il devra donc laisser sa place au 3ème de liste. Il s’agit de Georges Siffredi. MAIS ! Georges Siffredi est devenu il y a quelques jours président des Hauts-de-Seine, suite au décès de Patrick Devedjian. Il se trouve donc en situation de cumul, et devra donc choisir entre le Sénat et la présidence du 92.
  • Si Georges Siffredi est réélu lors des élections départementales de 2021 au poste de président du CD92, il est fort probable qu’il laisse à son tour sa place à sa suivante de liste… Qui n’est autre que Joëlle Ceccaldi-Raynaud !
  • Que fera alors notre Maire de cette proposition, elle que l’on dit sur le départ pour le Sénat depuis plusieurs années déjà ? Refusera-t-elle de siéger et conservera-t-elle son mandat de Maire ? Ou cèdera-t-elle à l’appel du Palais du Luxembourg, en laissant sa progéniture accéder au pouvoir à Puteaux ? Vous le saurez en suivant les prochains épisodes de “Puteaux, ton univers impitoyable” !

Le déconfinement dans les écoles de Puteaux : la suite

Je vous indiquais hier les mesures envisagées par la Mairie de Puteaux pour le déconfinement dans les écoles, ainsi que mes propositions pour améliorer la situation. Suite à la rencontre entre la mairie et les associations de parents d’élèves, voici quelques informations complémentaires.

  • Seuls les trois niveaux prioritaires au niveau national rentreront à l’école la semaine prochaine : grande section de maternelle, CP et CM2. Les autres classes élémentaires rentreront potentiellement en juin ; pour les autres niveaux de maternelle, il est possible que la rentrée n’ait lieu qu’en septembre.
  • Les enfants prioritaires seront accueillis 4 jours par semaine (ce que je préconisais hier), les non-prioritaires ne seront accueillis que 2 jours par semaine.
  • Les enfants socialement défavorisés ne seront pas prioritaires. C’est pour moi un véritable scandale : ces enfants sont en danger, physiquement autant que psychologiquement !
  • Les effectifs maximum en maternelle seront abaissés à 10, voire 8, par classe. C’est également l’une des propositions que je défendais.
  • Les élèves, y compris en maternelle, devront rester assis à leur table toute la journée, hors récréations et pauses méridiennes. Cela ne me semble pas une bonne idée…
  • Les parents dont les enfants pourront rentrer dans les écoles seront notifiés d’ici ce soir (jeudi 7 mai 2020).
  • Il n’y aura pas d’accueil en garderie le matin, mais l’accueil du soir sera maintenu pour les élèves autorisés à être à l’école.

Quelques améliorations donc, même si pour moi le gros écueil reste le cas des enfants issus de familles défavorisées. J’en parlais dans mon billet d’hier, mais il est insupportable que des enfants soient obligés de vivre dans des appartements exigus, potentiellement indignes, depuis deux mois, sans pouvoir faire partie des premiers à reprendre le chemin de l’école !

Le déconfinement dans les écoles de Puteaux

[Le déconfinement dans les écoles de Puteaux en deux phrases si vous ne souhaitez pas tout lire :

  • Les enfants de Puteaux rentreront à l’école à partir du 14 mai, par demi groupe de 15 élèves, et par demi-semaine. 70% des parents ont indiqué leur souhait de remettre leurs enfants à l’école.
  • Je propose que la rentrée soit réservée aux enfants prioritaires (cf. ma définition ci-dessous), sur des semaines entières, et que la mairie fournisse matériel et locaux suffisants.

Mais je vous encourage à lire tout le billet bien évidemment !]

Depuis deux mois, notre pays traverse une crise sanitaire, sociale, humaine et économique majeure. Le déconfinement qui débutera la semaine prochaine pose un certain nombre de questions, au premier rang desquelles celle de la rentrée à l’école.

Alors que le gouvernement a décidé de la réouverture des écoles au 12 mai sur tout le territoire, plusieurs centaines de maires d’Île-de-France, y compris Joëlle Ceccaldi-Raynaud tardivement, ont signé cette semaine une lettre ouverte s’opposant à cette réouverture généralisée. Celle-ci est en effet source d’une grande inquiétude, que ce soit chez les enseignants, chez le personnel des écoles et chez les parents d’élèves.

A l’heure où j’écris ces lignes (mercredi 6 mai), le nombre de personnes en réanimation en France va bientôt repasser sous la capacité maximale habituelle des hôpitaux. Si la situation repasse peu à peu sous contrôle, aucun traitement ni vaccin n’est encore à espérer avant plusieurs mois, la France est loin de l’immunité collective qui permettrait à chacun d’être protégé, et le virus reste un mystère sur beaucoup d’aspects.

En conséquence, la réouverture des écoles s’accompagne d’un “protocole sanitaire“, publié dimanche 3 mai, drastique. De l’avis de beaucoup d’enseignants, y compris à Puteaux, ce protocole est inapplicable en l’état. Entre la nécessité de remettre les enfants à l’école et l’urgence sanitaire, le chemin est étroit.

Déconfinement : ce qui est annoncé dans les écoles à Puteaux

  • 70% des parents ont annoncé leur souhait de remettre leur enfant à l’école, d’après un questionnaire transmis la semaine dernière.
  • La réouverture se fera sur la base du volontariat, à partir du 14 mai.
  • Les enfants seront accueillis par groupe de 15 maximum, en coupant la semaine en deux (un groupe les lundis / mardis, l’autre groupe les jeudis / vendredis).
  • En cas de besoin, les niveaux seront mixés (exemple : si 10 CE2 et 20 CM1 doivent aller à l’école les mêmes jours, un groupe comptera 10 CE2 et 5 CM1, l’autre 15 CM1) et les enfants ne retrouveront pas forcément leur enseignant habituel.
  • Des plateaux repas seront servis dans les classes.
  • Des repères seront matérialisés pour permettre la distanciation entre les élèves. Tous les gestes barrières devront être respectés à tout moment de la journée, entre enfants et avec adultes.
  • Des horaires décalés seront mis en place pour éviter les attroupements de parents devant l’école.
  • La température devra être prise chaque matin avant de se rendre à l’école, et sera contrôlée à l’entrée.
  • Aucun matériel collectif ne pourra être utilisé, et aucune activité collective ne pourra avoir lieu. De même, lors de la récréation, la distanciation entre élèves devra être respectée.
  • Enfin, tous les adultes porteront un masque tout au long de la journée.

On le comprend, l’école telle qu’elle s’annonce sera complètement différente d’auparavant. Il est important de préparer les enfants à cela, pour éviter tout choc à la rentrée.

Ces consignes (non exhaustives), on le comprend, seront difficilement applicables, notamment en école maternelle. Elles sont pourtant nécessaires si l’on part du principe que la rentrée à l’école sera générale, comme le souhaite le gouvernement, basée sur le volontariat des élèves. Et c’est sur ce point que Puteaux doit réagir.

Ce que je propose

J’ai transmis en début de semaine une liste de mesures complémentaires à Joëlle Ceccaldi-Raynaud, qui me semblent nécessaires à garantir les meilleures conditions de rentrée aux enfants et aux enseignants.

Tout d’abord, il est impératif d’en finir avec une absurdité dangereuse : les écoles ne doivent pas être rouvertes à tous les élèves la semaine prochaine ! A 15 élèves par classe, les mesures recommandées sont inapplicables. Et l’organisation choisie, par demi-semaine, est elle aussi aberrante. La volonté du gouvernement est avant tout économique, à savoir qu’un maximum de parents retourneront travailler à partir du 11 mai, mais c’est méconnaître les contraintes du monde du travail. Il sera très compliqué pour beaucoup de personnes de ne travailler que deux jours par semaine ! Cet entre-deux est donc un non sens total.

Les écoles ne doivent être rouvertes qu’à des enfants prioritaires : tout d’abord les enfants en situation fragile, notamment ceux habitant dans des logements vétustes et exigus. Plusieurs familles ont alerté le Printemps Putéolien à ce sujet : lorsque l’on vit à 3, voire 5, dans un 20m2, le déconfinement devient paradoxalement une priorité sanitaire. Ces enfants doivent revenir à l’école le plus rapidement possible. De même pour les enfants dont les parents sont indispensables à la vie en société : aux personnels actuels (soignants, enseignants, forces de l’ordre, ripeurs…) s’ajoutent notamment les personnels communaux, les commerçants, etc. Et enfin, les enfants dont les parents sont menacés de perdre leur emploi s’ils ne retravaillent pas rapidement.

Les autres enfants, et je l’écris à regret puisque les miens en font partie, ne doivent pas reprendre le chemin de l’école la semaine prochaine. Le “volontariat” prôné par le gouvernement n’a pas de sens. Seule cette règle permettra de véritablement restreindre le nombre d’élèves. L’objectif doit être de 5 à 10 élèves par classe maximum.

Cet accueil doit être fait non pas par demi-semaine, mais en semaine entière. Les enfants accueillis étant prioritaires, il est important de pouvoir les accueillir dans des conditions aussi proches que possibles de la normale.

Par ailleurs, la Mairie doit s’assurer que chaque école dispose de matériel individuel pour chaque enfant accueilli. A Puteaux, nous avons l’habitude de distribuer des fournitures à chaque rentrée. Il faut cette année distribuer suffisamment de matériel aux écoles directement, pour qu’elles puissent individualiser le matériel. De plus, il serait bon de réfléchir à donner de nouvelles fournitures aux enfants restant chez eux, notamment dans des familles défavorisées.

Enfin, la Mairie de Puteaux doit mettre tous ses équipements municipaux à disposition des écoles, afin de diminuer le nombre d’enfants présents dans nos gros établissements. En effet, comment imaginer accueillir raisonnablement plusieurs centaines d’enfants dans les écoles Pyramide, République, Jacotot… Y compris à demi-effectif ?

J’espère que ces éléments seront entendus par la Mairie de Puteaux, pour permettre de rouvrir les écoles dans les meilleures conditions possibles. Je regrette qu’à Puteaux les fédérations de parents d’élèves n’aient pas été associées aux décisions, n’étant contactées qu’après coup (ce matin) par la mairie. Cela aurait pu éviter plusieurs écueils.

Quoi qu’il en soit, je souhaite beaucoup de courage aux élèves, aux enseignants, aux personnels des écoles et aux parents pour cette rentrée, le mot est faible, compliquée !

Neuf fermetures de classes à Puteaux en septembre 2020

Le Conseil Départemental de l’Education Nationale (CDEN) organisé par l’Académie de Versailles le 20 avril prochain va statuer sur les ouvertures et fermetures de classes dans les Hauts-de-Seine à la rentrée de septembre 2020.

A Puteaux, 2 classes vont ouvrir en maternelle, dans les deux nouvelles écoles de la ville, Bergères et Voltaire. En élémentaire, ce sont 5 classes qui ouvriront, dans les écoles Benoît Malon (1), Bergères (2), Parmentier (1) et Voltaire (1).

A l’inverse, 4 classes vont fermer en maternelle, dans les écoles Benoît Malon, Défense 2000, Marius Jacotot et Parmentier. En élémentaire, 5 classes vont fermer, dans les écoles Jean Jaurès, La Rotonde, Marius Jacotot, Pyramide et République.

On le voit, les ouvertures / fermetures vont se compenser en élémentaire, sur le plan comptable. La réaffectation de classes d’écoles très peuplées, comme Pyramide ou République par exemple, vers d’autres établissements est une bonne chose.

En revanche, en maternelle, notre commune va perdre deux classes ! Dans l’absolu, une fermeture de classe est toujours une mauvaise nouvelle, souvent justifiée par la logique comptable des gouvernements successifs (vous savez, la même logique que celle qui vise à fermer des lits en hôpitaux parce qu’on “n’en a pas besoin d’autant”). Elles se traduisent par une augmentation de l’effectif des autres classes (on ne perd pas une classe entière d’élèves d’une année sur l’autre), et donc de moins bonnes conditions pour les professeurs comme pour les élèves.

Dans le contexte actuel, les fermetures de classes sont d’autant plus scandaleuses qu’à la rentrée 2020, il faudra rattraper le “retard” lié au confinement ! Il faudra donc garantir aux enfants et aux enseignant·e·s les meilleures conditions d’enseignement possibles.

En tant que délégué des parents d’élèves de l’école Défense 2000, j’avais alerté la Mairie sur cette situation il y a plusieurs mois. Malheureusement, rien n’a été obtenu, alors que, particulièrement dans cette école, la fermeture d’une classe est un non-sens : il s’agit de l’un des plus petits établissements de la ville, ayant donc un environnement très bénéfique pour les enfants. De plus, cette suppression de classe impacte directement le poste de directrice, qui perdra sa décharge hebdomadaire.

J’appelle tous les parents d’élèves des écoles concernées à se mobiliser. Par ailleurs, je relancerai de mon côté la Maire de Puteaux pour lui demander quelles actions fortes elle pense mettre en place pour éviter ces fermetures.

Résultats de l’élection municipale 2020 à Puteaux

Alors que l’actualité post-électorale a été bouleversée par la pandémie de SARS-CoV-2, je prends quelques minutes de mon temps confiné pour revenir en détail sur les résultats de l’élection municipale de 2020 à Puteaux.

Résultats municipales 2020 Puteaux

Un résultat dans la lignée de 2014

A la lecture des résultats définitifs, la première constatation est qu’ils constituent tout sauf une surprise : il s’agit à quelques détails près des résultats de 2014, auxquels il faut enlever les scores des listes FN et Ceccaldi-père, bien entendu.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud est ainsi largement réélue dès le premier tour, améliorant même ses scores de 2014 (56%) et de 2015 (61%). Derrière, la liste LREM héritière de la liste divers droite “Puteaux en Mouvement” de 2014 fait toujours entre 10% et 20%, de même que l’attelage EELV / MoDem qui repartait cette année sans l’étiquette officielle du parti de François Bayrou mais avec sa section locale. Derrière, la liste de gauche, que je menais, ne parvient toujours pas à dépasser les 10%, se rapprochant même de la barre fatidique des 5%.

Peu de surprises à l’annonce du résultat, donc. Mais le diable réside toujours dans les détails, et nous pouvons tirer quelques autres enseignements de ces résultats.

Pour les comparaisons entre 2014 et 2020, se reporter à la notice en fin d’article*.

1 – Un clientélisme plus fort que le coronavirus

Nous le craignions quelques jours avant le scrutin : l’abstention massive liée à la peur de l’épidémie a largement favorisé Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Une observation que l’on retrouve sur le graphique ci-dessous. Celui-ci représente, en ordonnées, le score de J. Ceccaldi, et en abscisses le taux de participation, le tout bureau de vote par bureau de vote.

Comme vous le voyez, la participation est largement plus forte dans les bureaux les plus favorables à la Maire sortante que dans ceux qui lui sont plus défavorables. C’est ce que j’ai représenté par la droite en rouge. C’est bien l’une des forces du système Ceccaldi : celui d’aller chercher ses électeur·trice·s pour les faire voter. Alors que l’électorat de l’opposition est plus touché par les fluctuations de participation, ce qui a un impact encore plus grand cette année.

2 – Des logements sociaux “ceccaldisés” à outrance

Nous en faisons régulièrement le constat : à Puteaux, le parc de logement social est la première des “mines d’or” électorales sur lesquelles repose la famille Ceccaldi. Sur le graphique ci-dessous, représentant le score de J. Ceccaldi-Raynaud par bureau de vote, j’ai indiqué en rouge ceux correspondant aux grandes résidences HLM de Puteaux.

Le résultat est incroyable (pour qui ne connaît pas Puteaux) : 11 des 12 meilleurs résultats de Joëlle Ceccaldi-Raynaud correspondent aux grandes résidences HLM de Puteaux. Résidences qui votent donc pour la Maire sortante entre 70% et 80% ! Des bureaux qui, pourtant, sur les élections nationales, votent plutôt à gauche ou Front National. Et des habitant·e·s qui ont pourtant beaucoup de reproches à faire à la mairie lorsqu’on les interroge en porte-à-porte.

3 – Une opposition dans le dur

Au-delà des résultats de J. Ceccaldi, dont nous avons maintenant l’habitude, je vais m’attarder sur l’opposition. Le premier constat, que je fais très humblement, est que l’opposition est à nouveau électoralement inexistante à Puteaux. Si Joëlle Ceccaldi perd 1000 voix entre 2014 et 2020, en raison de l’abstention, l’opposition en perd pour sa part plus de 2000, alors qu’elle en possédait moins initialement. Le résultat est donc là, amer : aucune de nos trois listes n’a dépassé les 15%.

Ironiquement, Facebook me rappelait il y a quelques jours le constat que je faisais au lendement de l’élection de 2014. Constat qui est toujours d’actualité, peut-être même plus qu’alors :

4 – La force des étiquettes

En rentrant dans le détail des résultats de l’opposition, un constat contre-intuitif s’impose. Alors que le monde politique est chambardé depuis 2017, et à l’heure où tout le monde proclame le “nouveau monde”, le schéma ancien perdure, peut-être même plus fort que jamais. Ainsi, le principal facteur de décision des électeur·trice·s est toujours l’étiquette des partis politiques, étiquettes qui sont pourtant si décriées.

Ainsi, la liste LREM, qui a mené une campagne très dynamique, sans doute d’ailleurs, je le reconnais, la meilleure campagne de ces élections, ne parvient qu’à rassembler 15% des suffrages. Si ce score représente une amélioration par rapport au score de Puteaux en Mouvement en 2014 (qui faisait alors moins de 14%), et permet à En Marche d’arriver deuxième, il est bien en deçà de ce que permettaient d’envisager les derniers résultats nationaux. De mon point de vue, cette liste a pâti de la défiance (le mot est faible) actuelle envers le gouvernement, et du caractère repoussoir de son étiquette.

Derrière, la liste EELV / MoDem, même si elle réalise un moins bon résultat qu’en 2014 (13,3% contre 15,6% à l’époque), est portée par la dynamique nationale pour EELV. La comparaison entre les deux campagnes, à 6 ans d’écart, est éclairante : en 2014, la liste Puteaux Pour Vous avait fait une campagne très dynamique, et elle était portée par un acteur reconnu ayant une très forte notoriété locale, Christophe Grébert. En 2020, à l’inverse, elle était portée par un nouvel arrivant, et n’a presque pas fait campagne (constituée in extremis fin février, avec un programme paru quelques jours avant l’élection). Mais en plaçant intelligemment le logo EELV sur les affiches et les bulletins de vote, la casse est limitée à 2,3 points.

Enfin, la liste du Printemps Putéolien, que j’ai conduite, a été la seule à refuser de s’enfermer derrière une étiquette, adoptant un logo fédérateur plutôt qu’une logique partisane. Et ce alors que nous étions soutenus par des partis aussi importants que le Parti Socialiste ou La France Insoumise. Grosse erreur stratégique dont nous avons pris conscience durant les derniers jours de campagne ! Les logos ont encore de beaux jours devant eux, et nous aurions dû accepter cette règle qui nous semblait archaïque. Avec un résultat de 6,7%, nous perdons 2 points par rapport à 2014.

5 – L’ancrage local : une force d’appoint

Le débat agite depuis longtemps les experts de science électorale : quelle est le poids de l’étiquette et quel est celui de l’ancrage local dans une campagne municipale ? D’après le constat 4, nous avons vu que l’étiquette pesait très lourd. Quant à l’ancrage local, son importance est mesurée mais non négligeable.

Un moyen de vérifier cette affirmation consiste à étudier plus précisément les résultats de ma liste, le Printemps Putéolien, bureau de vote par bureau de vote, et de regarder les résultats dans les bureaux où elle possède un ancrage fort (personnalité active et reconnue).

Dans le graphique ci-dessous, en rouge le résultat de la liste de gauche en 2014, et en bleu celui de 2020 :

On le voit, les scores sont globalement moins bons partout (malheureusement !), sauf à quatre endroits :

  • Bureau 21, qui est mon bureau de vote ainsi que celui de mon numéro 3, Laurent Giblot, et de Nadine Jeanne, élue sortante,
  • Bureau 22, qui fait partie de la même résidence,
  • Bureau 2, qui est celui de ma numéro 2, Anna Fryde,
  • Bureau 14, qui est celui de plusieurs personnes de ma liste, et notamment d’Evelyne Hardy, élue sortante.

Sur ces bureaux, nous réalisons un score moyen de quatre points supérieur à celui du reste de la ville (ce qui fait beaucoup, vu que le résultat global n’est pas haut !).

Si l’on fait le même travail pour la liste Ensemble pour Puteaux (LREM), on voit que le bureau de la tête de liste (Emmanuel Canto) – bureau 14 – a un score significativement plus élevés que le reste de la ville :

Je ne connais malheureusement pas assez les personnes de son équipe pour pouvoir détailler plus, mais je suppose qu’il se trouve parmi eux des personnalités reconnues dans les bureaux 15, 25 et 33, qui enregistrent de fortes progressions et un bon score. Le bureau de sa numéro 2, le bureau 4, a quant à lui un résultat en augmentation modérée.

En ce qui concerne la troisième liste d’opposition, EELV / MoDem, elle présente la particularité, comme je le disais précédemment, de ne pas jouer sur l’ancrage local, mais de miser sur l’étiquette. Ce qui est vérifié par le graphique suivant :

On voit ainsi que ni le bureau 20 de la tête de liste (Vincent Dubail), ni celui de sa numéro 2 (le 30), ni de son numéro 3 (le 11) ne sont particulièrement en augmentation.

6 – Perspectives

Ces constats sont intéressants, d’une part par curiosité intellectuelle, mais également parce qu’ils permettent de tracer des perspectives électorales à Puteaux. Comme j’aime à le répéter, l’alternance à Puteaux ne peut avoir lieu qu’avec un alignement des planètes. Au vu des constats précédents, ces planètes sont :

  • Un affaiblissement de la machine électorale – clientéliste de la famille Ceccaldi (par exemple avec le retrait de Joëlle Ceccaldi-Raynaud),
  • Une conjoncture nationale, et son jeu de vases communicants pour les étiquettes, favorable (par exemple sous une majorité nationale LR),
  • Un fort ancrage local de l’opposition.

Si nous n’avons pas de prise sur les deux premiers axes, il nous appartient, à nous tou·te·s qui nous réclamons de l’opposition, élu·e·s ou non, de travailler au troisième. Cela passe par du travail, en assistant au Conseil municipal de manière régulière d’une part (la base, mais qui n’a pas été assurée par tou·te·s lors du mandat qui s’achève), mais aussi en s’engageant au-delà du Conseil aux côtés des citoyen·ne·s, notamment dans la vie associative de la ville (même remarque).

La marge de progression est grande, mais nous pouvons travailler dès à présent, et sur le long terme, à la rétrécir. Je le souhaite, pour les Putéolien·ne·s et pour notre ville.

* Note méthodologique : les bureaux de vote ayant été modifiés entre 2014 et 2020, avec notamment la création d’un nouveau bureau au Palais de la culture et avec le redécoupage des bureaux existants, les résultats passés sont inexacts, calculés de manière approchée d’après le nouveau redécoupage.

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