Francis Poézévara

Conseiller municipal à Puteaux

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Un conseil municipal fleuve pour adopter le budget de Puteaux – Partie 1 [4 juin 2020]

Deuxième conseil municipal de la mandature après celui d’installation le 25 mai, les élu·e·s ont été réunis à nouveau jeudi 4 juin 2020, pour un conseil municipal marathon : démarrées à 9h30, les discussions ont duré jusqu’à 18h30 ! Le programme était particulièrement chargé, avec une quarantaine de questions à l’ordre du jour, et notamment des points très importants tels que le rapport d’orientation budgétaire et le budget. Résumé des débats.

Rapport d’égalité Femmes-Hommes : Puteaux, la ville genrée par excellence

Le premier point ayant donné lieu à des échanges importants est le rapport d’égalité Femmes-Hommes 2019. Vous le savez, Puteaux est une ville ultra-genrée, avec ses distributions de cartables roses et bleus ou autres parcs mi-chevaliers mi-princesses.

Cela n’a pas empêché l’équipe de Joëlle Ceccaldi-Raynaud de produire un rapport en papier glacé de plus de 60 pages sur l’égalité femmes-hommes. Beaucoup de communications pour peu d’actions véritables : on notera par exemple que la mairie met à son actif le fait que les “super-héroïnes ont eu le vent en poupe en 2019”, notamment grâce à Captain Marvel et Brie Larson (page 46) !

Vous pouvez consulter ce rapport ici

Retrouvez mon intervention sur le rapport d’égalite femmes-hommes dans la vidéo ci-dessous :

Rapport d’orientation budgétaire : un vide étonnant

Le Rapport d’orientation budgétaire est un passage obligé avant l’étude du budget. En temps normal, il est examiné 15 jours avant le vote du budget, mais, crise sanitaire oblige, nous avons examiné les deux lors de la même séance. Ce rapport est normalement l’occasion pour la majorité de présenter ses projets pour l’année à venir. L’étude du budget relève de la technique financière ; à l’inverse, les orientations budgétaires sont les lignes politiques fixées par une municipalité.

C’est donc normalement dans ce cadre que la Maire de Puteaux aurait dû nous présenter ses grands projets pour 2020, et que nous aurions dû défendre notre vision alternative de l’avenir de la ville. Or, et malgré le fait qu’il s’agisse d’une année électorale durant laquelle la mairie n’a donc qu’à piocher dans son programme pour faire son rapport d’orientation budgétaire, celui-ci est absolument vide cette année ! Il s’agit simplement d’une explication techniques des chiffres du budget, passant donc totalement à côté de son objectif. Seule, une page en fin de rapport (page 43) cite quelques projets de manière laconique :

Largement insuffisant donc pour permettre un débat de fond. C’est inquiétant, et pourrait bien être le signe d’une équipe municipale à bout de souffle. Le mandat de trop ?

Le rapport d’orientation budgétaire est disponible ici

Mon intervention sur le rapport d’orientation budgétaire en vidéo : 

Rapport d’activité 2019 : beaucoup de bruit pour rien

Le rapport d’activité correspond à un retour sur ce qui a été fait l’année écoulée, en termes de projets. L’équivalent technique / financier s’appelle le Compte administratif (cf. partie 2).

A Puteaux, il donne lieu chaque année lieu à un gros document (114 pages en 2020) très illustré, qui ressemble beaucoup au Puteaux Infos. Beaucoup de communication, beaucoup d’images, des pages vides… Un bon exemple est la double page consacrée aux “repères”, qui rappelle le nombre d’habitant·e·s et qu’on les appelle les… Putéoliennes et les Putéoliens ! Pas très utile. Mais tout est fait pour donner la sensation d’un bilan épais. Il résiste évidemment beaucoup moins à l’analyse du contenu.

On y apprend néanmoins beaucoup de choses sur la gestion de la ville, je vous encourage donc à en prendre connaissance si vous voulez avoir une bonne vision de la politique menée par la majorité de Joëlle Ceccaldi-Raynaud. On y découvre par exemple qu’une personne est en charge à la mairie de faire de “l’optimisation fiscale”. Donc à faire gagner de l’argent à la ville en en faisant perdre à l’Etat. Le principe même est contestable, mais sachant que cela a permis de faire économiser à la ville… 41 000€ en 2020, les économies ne couvrent sans doute même pas le salaire de cette personne !

On apprend également que 7 postes de policiers municipaux ont disparu en 2019, et qu’ils ont été remplacés par 13 opérateures de télésurveillance. Déconnecter la police municipale du terrain pour les mettre derrière les écrans, l’exact inverse de ce qui est recommandé par tous les spécialistes de la sécurité (et par le bon sens !).

On a également confirmation dans le rapport que le bilan en terme de “cadre de vie” et d’environnement est très maigre, malgré le fait qu’il s’agisse pour notre Maire – d’après ses dires – de la première de ses priorités. Est citée par exemple “l’actualisation de la maquette 3D de la ville” ; je ne suis pas certain que ça ait un grand impact sur notre cadre de vie ! Rien bien sûr sur le vélo, très peu de choses sur le développement durable…

La politique culturelle est également l’un de nos gros désaccords avec la majorité. Alors qu’un “musée virtuel” a été créé, j’ai rappelé la nécessité d’en installer un bien réel, qui remplacerait les micro-musées qui se multiplient dans notre ville, qui n’ouvrent que sur réservation et qui ne sont au final visités que par les écoles.

Un constat similaire au sujet des événements organisés par la mairie de Puteaux : en multipliant les petits événements, les petits rendez-vous, elle dilue l’intérêt des visiteurs, au point où par exemple les stands du marché des créateurs font perdre de l’argent aux commerçants qui s’y installent !

Bref, ce n’est pas une surprise, mais beaucoup est à revoir dans la gestion de Puteaux.

Accédez au rapport d’activité 2019 ici (attention, 28Mo) 

Mon intervention sur le rapport d’activité 2019 en vidéo :

Voici pour la première partie de ce conseil municipal fleuve. Dans la seconde, j’aborderai le vote du compte administratif 2019, du budget primitif 2020, ainsi que du représentant de l’opposition à la Commission d’Appel d’Offre. Restez connecté·e !

Joëlle Ceccaldi-Raynaud élue Maire de Puteaux [conseil municipal du 25 mai 2020]

Lors du premier Conseil municipal de la nouvelle mandature, le lundi 25 mai 2020, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a été élue Maire de Puteaux, sans surprise.

La Maire d’une ville n’est en effet pas directement désignée lors de l’élection municipale. Celle-ci ne permet que de déterminer qui sont les conseiller·e·s municipaux, qui, eux, vont élire le Maire lors du premier conseil municipal. Concrètement, à Puteaux, la liste arrivée en tête obtient 22 élu·e·s en “bonus”, et les 21 postes restants sont attribués à la proportionnelle entre l’ensemble des listes. Ce qui donne une proportionnelle absolument biaisée : une liste ayant obtenu 50% des voix se retrouve avec 75% des élu·e·s.

Composition du nouveau Conseil municipal

A Puteaux, le nouveau Conseil municipal est donc composé de la manière suivante :

  • 36 élu·e·s de la liste menée par Joëlle Ceccaldi-Raynaud
  • 3 élu·e·s de la liste LREM
  • 3 élu·e·s de la liste EELV
  • 1 élu (moi) pour la liste du Printemps Putéolien

Peu de suspens donc quant à l’élection du Maire ! Mme Ceccaldi-Raynaud a remporté 36 voix, face à Emmanuel Canto qui était le seul autre candidat et qui a remporté 5 voix.

EPT POLD, CCAS, CAO… Les autres désignations

Les autres délibérations concernaient d’autres points d’installation du Conseil, par exemple l’élection des adjoint·e·s au Maire, l’approbation du Règlement intérieur du Conseil municipal ou encore la désignation des représentants du Conseil municipal au sein de différentes instances.

Cette année, contrairement au mandat précédent, l’opposition avait la possibilité d’avoir un représentant au Conseil territorial (l’équivalent des communautés d’agglomération au sein de la Métropole du Grand Pris). Ceci nécessitait un vote unanime des 7 conseillers d’opposition. Jusqu’au bout, un bras de fer a été engagé entre LREM et EELV pour ce poste, laissant présager la perte de ce poste au profit de la majorité. Heureusement, lors de l’appel à candidature, EELV a décidé de retirer la sienne, et l’opposition a donc pu envoyer un représentant au Territoire en la personne de Christophe Hautbourg.

A titre symbolique et en contrepartie, il a été convenu que chacune des deux autres listes ait un·e représentant·e dans les deux autres instances les plus importantes du Conseil municipal : le Conseil d’administration du CCAS (centre communal d’action sociale) et à la Commission d’Appel d’Offre. Une belle illustration de confiance et de solidarité au sein de l’opposition, dans un contexte où, vous le savez, il est très compliqué d’être opposant politique !

Mon regret sur ce Conseil vient du fait que LREM / EELV / le MoDem ont commis une erreur éthique en élisant Bouchra Sirsalane au Conseil d’Administration du CCAS, alors même que son historique rendait inacceptable cette nomination. Nomination qui d’ailleurs est actuellement contestée devant le préfet par Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Je défends depuis toujours une opposition éthiquement irréprochable, et j’ai donc été contraint de m’abstenir lors de ce vote.

En route vers la succession…

L’avantage à Puteaux, c’est que quoi que fasse l’opposition, la majorité fait pire. Et nous avons donc été surpris de constater que, contrairement à ce que laissait supposer l’ordre de la liste de la majorité, c’est Vincent Franchi, le fils de la Maire, qui a obtenu le poste de premier adjoint ! Et ce, alors qu’il est infiniment moins compétent que le numéro deux de la liste, Franck Cavayé, et que toutes les personnes l’ayant fréquenté émettent de gros doutes sur ses capacités à assumer la moindre responsabilité.

La succession est donc en bonne voie à Puteaux, et la charge de Maire devrait bien rester dans la famille Ceccaldi, indépendamment de l’incompétence de l’héritier. Une information intéressante – et inquiétante, lorsque l’on sait que Joëlle Ceccaldi-Raynaud a toutes les chances de devenir sénatrice l’an prochain.

Bonus House of cards

En bonus, je vous explique cette histoire de poste de sénatrice (merci à Catherine Pommeré sur Twitter pour avoir attiré mon attention là-dessus) :

  • Lors de la dernière élection sénatoriale, Joëlle Ceccaldi-Raynaud s’est présentée en quatrième position sur la liste de Philippe Pemezec. Cette liste a obtenu deux élu·e·s.
  • En mars, P. Pemezec a mené une liste aux municipales du Plessis-Robinson (dont il a été maire jusqu’en 2017), liste victorieuse dès le premier tour. Il a annoncé son intention de redevenir maire, non pas dès aujourd’hui, mais à l’horizon de mars 2021.
  • En mars 2021, en raison du non-cumul des mandats, il devra donc laisser sa place au 3ème de liste. Il s’agit de Georges Siffredi. MAIS ! Georges Siffredi est devenu il y a quelques jours président des Hauts-de-Seine, suite au décès de Patrick Devedjian. Il se trouve donc en situation de cumul, et devra donc choisir entre le Sénat et la présidence du 92.
  • Si Georges Siffredi est réélu lors des élections départementales de 2021 au poste de président du CD92, il est fort probable qu’il laisse à son tour sa place à sa suivante de liste… Qui n’est autre que Joëlle Ceccaldi-Raynaud !
  • Que fera alors notre Maire de cette proposition, elle que l’on dit sur le départ pour le Sénat depuis plusieurs années déjà ? Refusera-t-elle de siéger et conservera-t-elle son mandat de Maire ? Ou cèdera-t-elle à l’appel du Palais du Luxembourg, en laissant sa progéniture accéder au pouvoir à Puteaux ? Vous le saurez en suivant les prochains épisodes de “Puteaux, ton univers impitoyable” !

Le déconfinement dans les écoles de Puteaux : la suite

Je vous indiquais hier les mesures envisagées par la Mairie de Puteaux pour le déconfinement dans les écoles, ainsi que mes propositions pour améliorer la situation. Suite à la rencontre entre la mairie et les associations de parents d’élèves, voici quelques informations complémentaires.

  • Seuls les trois niveaux prioritaires au niveau national rentreront à l’école la semaine prochaine : grande section de maternelle, CP et CM2. Les autres classes élémentaires rentreront potentiellement en juin ; pour les autres niveaux de maternelle, il est possible que la rentrée n’ait lieu qu’en septembre.
  • Les enfants prioritaires seront accueillis 4 jours par semaine (ce que je préconisais hier), les non-prioritaires ne seront accueillis que 2 jours par semaine.
  • Les enfants socialement défavorisés ne seront pas prioritaires. C’est pour moi un véritable scandale : ces enfants sont en danger, physiquement autant que psychologiquement !
  • Les effectifs maximum en maternelle seront abaissés à 10, voire 8, par classe. C’est également l’une des propositions que je défendais.
  • Les élèves, y compris en maternelle, devront rester assis à leur table toute la journée, hors récréations et pauses méridiennes. Cela ne me semble pas une bonne idée…
  • Les parents dont les enfants pourront rentrer dans les écoles seront notifiés d’ici ce soir (jeudi 7 mai 2020).
  • Il n’y aura pas d’accueil en garderie le matin, mais l’accueil du soir sera maintenu pour les élèves autorisés à être à l’école.

Quelques améliorations donc, même si pour moi le gros écueil reste le cas des enfants issus de familles défavorisées. J’en parlais dans mon billet d’hier, mais il est insupportable que des enfants soient obligés de vivre dans des appartements exigus, potentiellement indignes, depuis deux mois, sans pouvoir faire partie des premiers à reprendre le chemin de l’école !

Le déconfinement dans les écoles de Puteaux

[Le déconfinement dans les écoles de Puteaux en deux phrases si vous ne souhaitez pas tout lire :

  • Les enfants de Puteaux rentreront à l’école à partir du 14 mai, par demi groupe de 15 élèves, et par demi-semaine. 70% des parents ont indiqué leur souhait de remettre leurs enfants à l’école.
  • Je propose que la rentrée soit réservée aux enfants prioritaires (cf. ma définition ci-dessous), sur des semaines entières, et que la mairie fournisse matériel et locaux suffisants.

Mais je vous encourage à lire tout le billet bien évidemment !]

Depuis deux mois, notre pays traverse une crise sanitaire, sociale, humaine et économique majeure. Le déconfinement qui débutera la semaine prochaine pose un certain nombre de questions, au premier rang desquelles celle de la rentrée à l’école.

Alors que le gouvernement a décidé de la réouverture des écoles au 12 mai sur tout le territoire, plusieurs centaines de maires d’Île-de-France, y compris Joëlle Ceccaldi-Raynaud tardivement, ont signé cette semaine une lettre ouverte s’opposant à cette réouverture généralisée. Celle-ci est en effet source d’une grande inquiétude, que ce soit chez les enseignants, chez le personnel des écoles et chez les parents d’élèves.

A l’heure où j’écris ces lignes (mercredi 6 mai), le nombre de personnes en réanimation en France va bientôt repasser sous la capacité maximale habituelle des hôpitaux. Si la situation repasse peu à peu sous contrôle, aucun traitement ni vaccin n’est encore à espérer avant plusieurs mois, la France est loin de l’immunité collective qui permettrait à chacun d’être protégé, et le virus reste un mystère sur beaucoup d’aspects.

En conséquence, la réouverture des écoles s’accompagne d’un “protocole sanitaire“, publié dimanche 3 mai, drastique. De l’avis de beaucoup d’enseignants, y compris à Puteaux, ce protocole est inapplicable en l’état. Entre la nécessité de remettre les enfants à l’école et l’urgence sanitaire, le chemin est étroit.

Déconfinement : ce qui est annoncé dans les écoles à Puteaux

  • 70% des parents ont annoncé leur souhait de remettre leur enfant à l’école, d’après un questionnaire transmis la semaine dernière.
  • La réouverture se fera sur la base du volontariat, à partir du 14 mai.
  • Les enfants seront accueillis par groupe de 15 maximum, en coupant la semaine en deux (un groupe les lundis / mardis, l’autre groupe les jeudis / vendredis).
  • En cas de besoin, les niveaux seront mixés (exemple : si 10 CE2 et 20 CM1 doivent aller à l’école les mêmes jours, un groupe comptera 10 CE2 et 5 CM1, l’autre 15 CM1) et les enfants ne retrouveront pas forcément leur enseignant habituel.
  • Des plateaux repas seront servis dans les classes.
  • Des repères seront matérialisés pour permettre la distanciation entre les élèves. Tous les gestes barrières devront être respectés à tout moment de la journée, entre enfants et avec adultes.
  • Des horaires décalés seront mis en place pour éviter les attroupements de parents devant l’école.
  • La température devra être prise chaque matin avant de se rendre à l’école, et sera contrôlée à l’entrée.
  • Aucun matériel collectif ne pourra être utilisé, et aucune activité collective ne pourra avoir lieu. De même, lors de la récréation, la distanciation entre élèves devra être respectée.
  • Enfin, tous les adultes porteront un masque tout au long de la journée.

On le comprend, l’école telle qu’elle s’annonce sera complètement différente d’auparavant. Il est important de préparer les enfants à cela, pour éviter tout choc à la rentrée.

Ces consignes (non exhaustives), on le comprend, seront difficilement applicables, notamment en école maternelle. Elles sont pourtant nécessaires si l’on part du principe que la rentrée à l’école sera générale, comme le souhaite le gouvernement, basée sur le volontariat des élèves. Et c’est sur ce point que Puteaux doit réagir.

Ce que je propose

J’ai transmis en début de semaine une liste de mesures complémentaires à Joëlle Ceccaldi-Raynaud, qui me semblent nécessaires à garantir les meilleures conditions de rentrée aux enfants et aux enseignants.

Tout d’abord, il est impératif d’en finir avec une absurdité dangereuse : les écoles ne doivent pas être rouvertes à tous les élèves la semaine prochaine ! A 15 élèves par classe, les mesures recommandées sont inapplicables. Et l’organisation choisie, par demi-semaine, est elle aussi aberrante. La volonté du gouvernement est avant tout économique, à savoir qu’un maximum de parents retourneront travailler à partir du 11 mai, mais c’est méconnaître les contraintes du monde du travail. Il sera très compliqué pour beaucoup de personnes de ne travailler que deux jours par semaine ! Cet entre-deux est donc un non sens total.

Les écoles ne doivent être rouvertes qu’à des enfants prioritaires : tout d’abord les enfants en situation fragile, notamment ceux habitant dans des logements vétustes et exigus. Plusieurs familles ont alerté le Printemps Putéolien à ce sujet : lorsque l’on vit à 3, voire 5, dans un 20m2, le déconfinement devient paradoxalement une priorité sanitaire. Ces enfants doivent revenir à l’école le plus rapidement possible. De même pour les enfants dont les parents sont indispensables à la vie en société : aux personnels actuels (soignants, enseignants, forces de l’ordre, ripeurs…) s’ajoutent notamment les personnels communaux, les commerçants, etc. Et enfin, les enfants dont les parents sont menacés de perdre leur emploi s’ils ne retravaillent pas rapidement.

Les autres enfants, et je l’écris à regret puisque les miens en font partie, ne doivent pas reprendre le chemin de l’école la semaine prochaine. Le “volontariat” prôné par le gouvernement n’a pas de sens. Seule cette règle permettra de véritablement restreindre le nombre d’élèves. L’objectif doit être de 5 à 10 élèves par classe maximum.

Cet accueil doit être fait non pas par demi-semaine, mais en semaine entière. Les enfants accueillis étant prioritaires, il est important de pouvoir les accueillir dans des conditions aussi proches que possibles de la normale.

Par ailleurs, la Mairie doit s’assurer que chaque école dispose de matériel individuel pour chaque enfant accueilli. A Puteaux, nous avons l’habitude de distribuer des fournitures à chaque rentrée. Il faut cette année distribuer suffisamment de matériel aux écoles directement, pour qu’elles puissent individualiser le matériel. De plus, il serait bon de réfléchir à donner de nouvelles fournitures aux enfants restant chez eux, notamment dans des familles défavorisées.

Enfin, la Mairie de Puteaux doit mettre tous ses équipements municipaux à disposition des écoles, afin de diminuer le nombre d’enfants présents dans nos gros établissements. En effet, comment imaginer accueillir raisonnablement plusieurs centaines d’enfants dans les écoles Pyramide, République, Jacotot… Y compris à demi-effectif ?

J’espère que ces éléments seront entendus par la Mairie de Puteaux, pour permettre de rouvrir les écoles dans les meilleures conditions possibles. Je regrette qu’à Puteaux les fédérations de parents d’élèves n’aient pas été associées aux décisions, n’étant contactées qu’après coup (ce matin) par la mairie. Cela aurait pu éviter plusieurs écueils.

Quoi qu’il en soit, je souhaite beaucoup de courage aux élèves, aux enseignants, aux personnels des écoles et aux parents pour cette rentrée, le mot est faible, compliquée !

Neuf fermetures de classes à Puteaux en septembre 2020

Le Conseil Départemental de l’Education Nationale (CDEN) organisé par l’Académie de Versailles le 20 avril prochain va statuer sur les ouvertures et fermetures de classes dans les Hauts-de-Seine à la rentrée de septembre 2020.

A Puteaux, 2 classes vont ouvrir en maternelle, dans les deux nouvelles écoles de la ville, Bergères et Voltaire. En élémentaire, ce sont 5 classes qui ouvriront, dans les écoles Benoît Malon (1), Bergères (2), Parmentier (1) et Voltaire (1).

A l’inverse, 4 classes vont fermer en maternelle, dans les écoles Benoît Malon, Défense 2000, Marius Jacotot et Parmentier. En élémentaire, 5 classes vont fermer, dans les écoles Jean Jaurès, La Rotonde, Marius Jacotot, Pyramide et République.

On le voit, les ouvertures / fermetures vont se compenser en élémentaire, sur le plan comptable. La réaffectation de classes d’écoles très peuplées, comme Pyramide ou République par exemple, vers d’autres établissements est une bonne chose.

En revanche, en maternelle, notre commune va perdre deux classes ! Dans l’absolu, une fermeture de classe est toujours une mauvaise nouvelle, souvent justifiée par la logique comptable des gouvernements successifs (vous savez, la même logique que celle qui vise à fermer des lits en hôpitaux parce qu’on “n’en a pas besoin d’autant”). Elles se traduisent par une augmentation de l’effectif des autres classes (on ne perd pas une classe entière d’élèves d’une année sur l’autre), et donc de moins bonnes conditions pour les professeurs comme pour les élèves.

Dans le contexte actuel, les fermetures de classes sont d’autant plus scandaleuses qu’à la rentrée 2020, il faudra rattraper le “retard” lié au confinement ! Il faudra donc garantir aux enfants et aux enseignant·e·s les meilleures conditions d’enseignement possibles.

En tant que délégué des parents d’élèves de l’école Défense 2000, j’avais alerté la Mairie sur cette situation il y a plusieurs mois. Malheureusement, rien n’a été obtenu, alors que, particulièrement dans cette école, la fermeture d’une classe est un non-sens : il s’agit de l’un des plus petits établissements de la ville, ayant donc un environnement très bénéfique pour les enfants. De plus, cette suppression de classe impacte directement le poste de directrice, qui perdra sa décharge hebdomadaire.

J’appelle tous les parents d’élèves des écoles concernées à se mobiliser. Par ailleurs, je relancerai de mon côté la Maire de Puteaux pour lui demander quelles actions fortes elle pense mettre en place pour éviter ces fermetures.

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