Francis Poézévara

Conseiller municipal à Puteaux

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Mon interview sur Radio Orient : “Faire perdurer les divisions de la Gauche, c’en est presque criminel”

Radio OrientJe suis intervenu le 27 novembre 2020 dans Pluriel, l’émission politique de Radio Orient. J’y suis revenu sur de nombreux sujets, de l’actualité sanitaire aux violences policières, en passant par la question de l’union à gauche pour 2022.

Vous pouvez retrouver mon interview sur le site de Radio Orient, ou bien l’écouter directement ci-dessous :

Verbatim sur le sujet d’union de la Gauche : 

Il y a de nouveaux candidats à gauche tous les jours. Si on regarde les sondages, il y a de multiples raisons d’être pessimiste. Si on n’est pas unis, on sait que la gauche sera absente du second tour pour la 3e fois de son histoire, ce qui donnerait un affrontement entre la droite libérale d’Emmanuel Macron et la droite nationaliste de Marine Le Pen.

[…] On voit que chacun part dans son couloir. Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo qui se prépare, Yannick Jadot, peut-être également Fabien Roussel chez les communistes…

[…] C’est doublement pénalisant, car d’une part en étant chacun dans son couloir, il n’y a aucune chance que chacun arrive à passer la barre du second tour, mais en plus, pour se différencier, les uns et les autres sont obligés de cliver à gauche. On l’a vu encore récemment avec les propos d’Anne Hidalgo sur Europe Ecologie. On le voit avec les propos des uns et des autres, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot qui va plutôt sur le centre. En clivant comme ça, on est en train, avec une sorte de prophétie autoréalisatrice, de rendre les uns et les autres à gauche irréconciliables.

[…] Pour preuve les derniers chiffres des instituts de sondage : la gauche divisée pèse 26 % des voix, ce qui correspond à la barre pour passer au second tour. Mais s’il n’y avait qu’un seul candidat de gauche au 1er tour, aujourd’hui, ce candidat ne dépasserait pas 15 %

[…] c’est parce que tout le monde clive à gauche et donc les uns et les autres refusent de se reporter sur un candidat d’union. Pour moi, faire perdurer ces divisions, c’en est presque criminel !

Hémipléjik, la chaîne YouTube qui essaie de comprendre ce qu’est la Gauche

Qu’est-ce que la Gauche ? Le clivage Gauche-Droite a-t-il toujours un sens ? Pour répondre à ces questions, j’ai décidé de lancer une chaîne de vidéos YouTube de vulgarisation politique : Hémipléjik (pour comprendre pourquoi ce nom, c’est ici !).

Je vous propose trois vidéos pour bien commencer :

Qu’est-ce que la Gauche ?

Dans cet épisode, je reviens sur les définitions usuelles, afin d’essayer de trouver celle qui sera utilisée tout au long des vidéos suivantes. Pour connaître ma définition de la Gauche, c’est ici :

Pourquoi dit-on la Gauche et la Droite ?

Retour historique sur l’origine des deux mots. Avant d’approfondir l’étude du fond politique, il est en effet bon de se rappeler pourquoi nous utilisons le mot Gauche et pas un autre. Cela date de la Révolution française, et pour en savoir plus c’est là :

Pourquoi la Gauche est-elle rouge ?

En France, la Gauche est souvent représentée par le rouge et ses dérivés, la Droite par un dégradé de bleus. Pourquoi cette répartition ? La réponse en vidéo :

Voici donc les premiers épisodes vidéos de ma chaîne Youtube de vulgarisation politique. Si le contenu vous intéresse, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne, et à activer les notifications pour être prévenus de mes futures publications !

Conseil municipal du 30 septembre : où l’on revient sur la richesse de Puteaux et où l’on attaque (toujours) la démocratie

Mercredi 30 septembre, le premier conseil municipal de retour de l’été se déroulera à la mairie de Puteaux. L’ordre du jour, moins riche que lors des conseils précédents, comporte néanmoins des points importants.

La Chambre Régionale des Comptes adresse les mêmes reproches à Joëlle Ceccaldi-Raynaud que celles que je faisais lors du vote du budget.

La Chambre Régionale des Comptes a réalisé un audit de la gestion de la ville de Puteaux. Ses conclusions sont tout sauf étonnantes, et reprennent l’essentiel des reproches effectuées année après année par Evelyne Hardy puis désormais par moi-même :

  • La ville de Puteaux est incapable de réaliser la moindre analyse prospective, et ne se projette absolument pas à plusieurs années. Elle se repose sur son pactole, sans se donner la peine d’affiner ses budgets.
  • Les rapports d’orientation budgétaire sont trop succincts, même si une progression a eu lieu ces dernières années.
  • La ville est trop riche et ne dépense pas son budget. De ce fait, la trésorerie atteint désormais l’équivalent de 252 jours de charges courantes : la ville pourrait financer deux tiers de son fonctionnement en se reposant sur l’argent qu’elle a mis de côté !
  • Des contrats à durée déterminée ont été enchaîné largement au-delà de ce qui est autorisé par la loi, avec certaines reconductions durant 12 années ! La ville fait vivre son personnel dans la précarité, et écope d’un rappel à la loi.
  • Le Conservatoire a perdu près de 400 adhérents suite à l’augmentation des tarifs punitive décidée par la mairie de Puteaux. Une catastrophe pour un équipement qui devrait pourtant avoir un rayonnement départemental.

Mon commentaire : “Ce rapport de la CRC confirme tout à fait ce que nous reprochons à la mairie de Puteaux. L’argent des impôts des Putéoliennes et des Putéoliens se retrouve en grande partie à dormir sur un compte en banque, alors qu’il devrait être utilisé de manière efficace pour apporter des solutions aux habitants, particulièrement dans cette période de crises sanitaire, humaine et économique.”

Attaques contre la démocratie : Joëlle Ceccaldi-Raynaud revient sur sa décision de tirer au sort la composition des commissions citoyennes, et demande aux associations de faire sa publicité !

En juin, nous nous étions étonné d’avoir pu faire avancer la démocratie à Puteaux. En effet, la composition de plusieurs instances citoyennes, telles que le Conseil des sages ou le Conseil des Jeunes, avait été modifiée en séance pour y faire figurer des citoyennes et citoyens tirés au sort. Joëlle Ceccaldi-Raynaud avait même accepté la présence de l’opposition lors du tirage au sort ! Las, trois mois après, une nouvelle délibération du Conseil municipal revient sur ces dispositions, annulant le tirage au sort pour partir sur “une sélection de candidatures sur profil et motivation”. Pourquoi ? Parce que “certains membres actifs voulaient continuer leur action et que le tirage au sort ne leur permet pas”.

Mon commentaire : “Peut-on être plus claire sur la volonté de confisquer les instances citoyennes pour les confier toujours aux mêmes personnes, sélectionnés avec soin par la mairie ? A titre personnel, je prends cela comme une leçon : j’ai un instant cru que Puteaux pouvait bouger dans le bon sens. On peut donc faire preuve de naïveté même après 6 ans de mandat !”.

Par ailleurs, la mairie de Puteaux va désormais soumettre une “charte de la vie associative” aux associations de la ville. Sous couvert de vouloir “dynamiser les associations de Puteaux”, la charte ne prévoit rien de moins que… d’organiser la propagande de la majorité par les associations directement ! En effet, un article de ladite charte stipule : “Les associations subventionnées par la mairie doivent valoriser sur leurs flyers, affiches et discours les aides financières et les prestations en nature dont elles bénéficient de la part de la mairie, et y faire figurer le logo de la ville”.

Mon commentaire : “A travers cette charte, on comprend que le résultat des dernières municipales a été vécu comme une carte blanche par la famille Ceccaldi-Raynaud. Désormais, plus de limite, plus de honte, ils ne se cachent plus pour mettre en place ces pratiques ahurissantes. Et ce, alors que dans la même charte la ville s’engage à respecter l’indépendance des associations ! Quelle autre ville aujourd’hui en France se permet les mêmes comportements ?”.

En bonus, la Maire nous Puteaux nous demande d’autoriser la ville (et donc les Putéoliennes et les Putéoliens) à prendre en charge ses frais de justice contre Christophe Grébert, qui l’attaque pour diffamation. J’ai bien sûr voté contre cette délibération absurde !

La Rose de Cherbourg : un projet absurde

Le projet de la Rose de Cherbourg refait parler de lui ces derniers jours, avec le lancement de nouveaux travaux. L’occasion pour moi de revenir sur plusieurs absurdités contenues dans ce projet.

Tout d’abord, de quoi parle-t-on ? La Rose de Cherbourg correspond à l’échangeur entre le boulevard circulaire et la N13. Il faut avoir beaucoup d’imagination pour y voir une rose, je vous laisse juger :

©Défense.92

Tou·te·s ceux·celles qui ont l’habitude de rejoindre la Défense depuis Puteaux en passant par le centre commercial des 4 Temps le savent : il était urgent de transformer ce secteur. L’enchevêtrement de plateformes en béton et le nombre de voies de circulation à traverser rendait le tout non seulement glauque, mais dangereux. Il fallait donc agir.

Le quartier va donc être modifié progressivement. A l’heure actuelle, une résidence étudiante a été construite au milieu de cette “rose”, ainsi qu’une grande place. Le principe de la place piétonne est bon ; malheureusement, alors qu’il pourrait s’agir d’une opportunité de verdir l’espace, ce n’est a priori pas ce vers quoi nous allons nous orienter. Une expérimentation a été mise en place pour choisir le revêtement final, mais le gazon ne tient pas la corde (“trop difficile à entretenir” – sic). Je ne parle même pas des arbres prévus sur les premières projections qui nous avaient été transmises, et qui se sont transformés en un gros bâtiment au milieu de la place… On respirera plus tard.

C’est également sur cette zone qu’a débuté le chantier de la tour Hekla. La tour Hekla, cette tour obsolète avant même d’avoir été construite, puisqu’il s’agit d’une nouvelle tour de bureaux sans prendre en considération les transports et le logement. Un concept que l’on sait être à éviter absolument depuis plusieurs années maintenant, et qui a pour conséquence des transports bondés, des embouteillages, et une envolée des loyers et du coût au mètre carré, notamment à Puteaux. Mais il fallait bien que Jean Nouvel ait enfin sa tour à la Défense, après plusieurs échecs par le passé…

Rose de Cherbourg - vue aérienne

© Altarea Cogedim

Celles et ceux d’entre vous qui connaissent le quartier apprécieront la différence de taille entre la résidence étudiante existante et la tour monstrueuse qui prendra place à côté.

La suite du programme ? La transformation de l’échangeur en une “promenade piétonne et cyclable“. Vous en trouverez le détail sur la vue ci-dessous :

© Paris La Défense

Dans l’absolu, la création d’une promenade devrait être une bonne chose. Celle qui est prévue ne l’est pourtant pas. Pourquoi ? Premièrement, parce qu’elle ne sera jamais utilisée. Elle ne relie rien qui ne soit déjà relié, et complexifie le trajet. J’en parle en tant que riverain également, il s’agit d’un quartier que je connais particulièrement bien : cette promenade, principalement bétonnée et minérale au vu de la projection, sera totalement inutile.

Il n’y avait qu’une seule chose à faire avec cette portion de l’échangeur : le détruire. Il s’agit d’énormes plateformes de béton, inutiles, inesthétiques, et qui amplifient le sentiment d’insécurité à leur abord. Elles doivent être détruites, il ne s’agit pas d’un témoignage patrimonial indispensable du siècle passé contrairement à ce que certain·e·s ont essayé de nous vendre. En éclaircissant ainsi l’espace, nous gagnerions en respirabilité, mais nous pourrions également développer des espaces verts à l’emplacement de ses soubassements.

Dans les aménagements absurdes supplémentaires, je citerai par exemple la disparition du terrain de basket, que j’ai déjà eu l’occasion de dénoncer en Conseil municipal :

Rose de Cherbourg - Campuséa

© Agence QuatrevingtDouze

Ce terrain est pourtant l’un des très rares aménagements à Puteaux prévu pour les jeunes. Les enfants disposent de nombreux squares de jeux, mais passé 10 ans les jeunes Putéolien·ne·s sont délaissé·e·s par la mairie. Selon la projection ci-dessus, il sera remplacé par… un bâtiment.

Autre aménagement sur lequel j’émets de grosses réserves : le remplacement de la bretelle actuelle entre le boulevard circulaire et le rond point de la défense par une nouvelle bretelle au niveau de l’avenue Jean Moulin. Cette avenue est déjà une autoroute urbaine, traversée par les cyclistes à leurs risques et périls, et longée par les piétons à contrecoeur lorsqu’il n’y a pas d’autre choix. Y ajouter l’échangeur principal entre le boulevard circulaire et Puteaux va empirer la situation.

Le projet de réaménagement de la rose de Cherbourg a donné lieu à plusieurs réunions de concertation, depuis plusieurs années. Plusieurs représentant·e·s du Printemps Putéolien y ont régulièrement participé (Nadine Jeanne, Laurent Giblot, moi-même…). Malheureusement, le projet final reste largement inacceptable. Il mériterait une action forte des riverains, autant à cause des nuisances qu’il va induire autant que des occasions manquées qu’il représente.

L’écologie à la sauce Puteaux

Petite pause entre deux articles sur les conseils municipaux de début de mandat pour parler de l’écologie telle qu’elle est vue par la mairie de Puteaux, à travers une anecdote très révélatrice.

J’ai eu l’occasion de l’évoquer à plusieurs reprises : la politique de la ville de Puteaux est l’essence même de l’anti-écologie. Le constat est simple : Puteaux a de l’argent, donc la ville peut acheter, “consommer”, sans se soucier d’être durable.

Vous connaissez sans doute les innombrables “arbres en pot” de la ville. C’est une spécificité Putéolienne : de nombreux arbres de la ville, plutôt qu’être plantés en pleine terre, sont disposés dans de grands pots ornementaux, avec un gros logo de la ville.

Evidemment, les arbres ne sont pas faits pour vivre en pot. Résultat, régulièrement, les arbres de la ville meurent. C’est ce qui est arrivé il y a quelques semaines à côté de la place du théâtre : toute une rangée d’arbres en pot a été rasée. Photo prise le 9 juin 2020 :

Qu’à cela ne tienne : Puteaux a les moyens de les remplacer ! Aussitôt dit, aussitôt fait, de nouveaux arbres remplacent les anciens. Photo prise les 24 juin 2020 :

Je le dénonce régulièrement en Conseil municipal depuis 2014 : à Puteaux, parce qu’on a l’argent et qu’on peut consommer, on consomme. Peu importe que cela n’ait aucun sens écologique, que l’on s’essuie les pieds sur le développement durable : il faut consommer. C’est par exemple pour cela qu’il y a un an et demi, la ville de Puteaux distribuait des bâtons de LED et de polystyrène à tous ses habitants pour l’inauguration de ses illuminations de Noël. Ou qu’en janvier, elle envoyait aux habitant·e·s 80 000 piles boutons pour allumer… des cartes de voeux.

Autre exemple récent : la récupération par la Mairie de Puteaux du happening du Printemps Putéolien réalisé au mois de mars dernier. Pour dénoncer la bitumisation de Puteaux, nous avions reverdi des places de parking du centre-ville de Puteaux, avec du gazon en rouleau.

Une idée qui a visiblement inspiré la mairie de Puteaux, qui a voulu faire pareil sur le pont de la rue Sadi Carnot, au dessus des voies de chemin de fer. Mais cette fois, point de volonté d’embellir ou verdir la ville : il s’agit simplement de bloquer une rue pour permettre au restaurant l’Escargot de développer son nouveau concept de bistro. Et, bien sûr, le tout sur du gazon synthétique !

Bien sûr, parfois, se battre pour plus d’écologie, plus de solidarité et plus de démocratie à Puteaux est désespérant. Mais il faut bien que certain·e·s le fassent : c’est pourquoi, avec le Printemps Putéolien, nous continuons encore et toujours à défendre ces valeurs.

Francis Poézévara 2015 - Tous droits réservés